# Comment avoir internet dans toute la maison grâce au RJ45

L’explosion des usages numériques transforme nos foyers en véritables centres connectés. Entre le télétravail, le streaming 4K, les consoles de jeux en ligne et la multiplication des objets connectés, la qualité de la connexion réseau devient un enjeu majeur. Si le Wi-Fi règne en maître pour sa praticité, son instabilité chronique et ses pertes de signal frustrent quotidiennement des millions d’utilisateurs. Le câblage Ethernet via prises RJ45 offre une alternative performante, stable et pérenne pour distribuer Internet dans chaque pièce. Avec un débit constant, une latence minimale et une sécurité renforcée, cette infrastructure filaire représente le fondement d’un réseau domestique moderne et fiable.

Comprendre le câblage ethernet RJ45 pour un réseau domestique filaire

Le déploiement d’un réseau filaire domestique repose sur des composants standardisés et une architecture réfléchie. Contrairement aux idées reçues, l’installation d’un réseau RJ45 ne nécessite pas de compétences en électronique avancée, mais simplement de la méthode et le respect de normes établies. La compréhension des éléments constitutifs permet d’éviter les erreurs courantes qui compromettent les performances du réseau.

Architecture du connecteur RJ45 et normes T568A/T568B

Le connecteur RJ45, officiellement désigné 8P8C (8 positions, 8 contacts), constitue l’interface universelle des réseaux Ethernet. Ce connecteur transparent abrite huit broches métalliques numérotées qui accueillent les huit fils d’un câble réseau. Deux normes de câblage coexistent : T568A et T568B. La première inverse les paires orange et verte par rapport à la seconde. En France, la norme T568B domine largement les installations résidentielles et professionnelles. L’essentiel reste d’utiliser la même norme aux deux extrémités du câble pour garantir la continuité électrique. Les prises murales modernes affichent généralement un code couleur pour chaque norme, facilitant ainsi le raccordement des huit conducteurs.

Différences entre câbles cat5e, cat6 et cat6a pour la distribution réseau

La catégorie d’un câble Ethernet détermine ses performances maximales. Les câbles Cat5e, bien qu’anciens, supportent le Gigabit Ethernet (1000 Mbps) sur 100 mètres, suffisant pour de nombreux foyers. Les câbles Cat6 garantissent également le gigabit mais avec une meilleure immunité aux interférences grâce à un blindage renforcé et un séparateur central entre les paires. Ils peuvent même atteindre 10 Gbps sur 55 mètres. Les câbles Cat6a, véritables références pour les installations exigeantes, maintiennent le 10 Gigabit Ethernet sur toute la distance normalisée de 100 mètres. Pour une installation pérenne, privilégiez au minimum du Cat6, voire du Cat6a si vous anticipez des besoins futurs en bande passante ou si vous prévoyez d’intégrer des systèmes domotiques gourmands en débit.

Topologie en étoile avec switch central versus distribution point à point

Deux architectures principales structurent les réseaux domestiques. La topologie en étoile, largement répandue, centralise tous les câbles dans un coffret de communication où un switch redistribue le signal vers chaque prise murale. Cette configuration simplifie la gestion, facilite le dépannage et permet l’

redistribution du trafic selon vos besoins. La distribution point à point, où chaque prise est reliée directement à la box sans switch intermédiaire, se rencontre plutôt dans les petites installations ou les logements anciens partiellement rénovés. Si elle semble plus simple, elle limite fortement l’évolutivité et complique l’ajout d’équipements (NAS, caméras IP, points d’accès WiFi). Dans la pratique, un réseau structuré en étoile avec un switch central dans le coffret de communication reste la solution la plus robuste pour avoir Internet dans toute la maison grâce au RJ45.

Bande passante et débit réel : du gigabit aux infrastructures 10GbE

Sur le papier, un réseau RJ45 domestique en gigabit (1 Gbps) paraît largement suffisant. Dans la réalité, le débit réellement disponible dépend de nombreux facteurs : qualité du câblage, longueur des liaisons, performances des équipements actifs (switch, box, carte réseau), mais aussi protocole utilisé et trafic simultané. Un lien gigabit offre théoriquement 125 Mo/s, mais en usage réel vous constaterez plutôt 900 à 950 Mbps sur un test de débit bien optimisé. En environnement multi-utilisateurs (télétravail, jeu en ligne, streaming 4K, sauvegardes vers un NAS), cette marge est vite consommée.

Pour anticiper ces usages intensifs, les infrastructures 2,5G, 5G, voire 10GbE se démocratisent progressivement dans le résidentiel haut de gamme. Les switchs 2,5G deviennent abordables, et de plus en plus de cartes mères de PC intègrent nativement un port 2,5 GbE. Si vous optez pour du câblage Cat6a, voire Cat7 dans certains cas, vous pourrez migrer vers ces débits supérieurs sans refaire toute l’installation. Vous pouvez ainsi réserver les liens 10GbE aux segments critiques (NAS, PC de montage vidéo, serveur domotique), tout en maintenant le gigabit pour les autres prises RJ45 de la maison. C’est un peu comme dimensionner une autoroute : mieux vaut surdimensionner la structure que de devoir tout reconstruire dans cinq ans.

Planification et installation du réseau RJ45 dans l’habitat

La réussite d’un réseau RJ45 performant commence bien avant le premier coup de tournevis. Une bonne planification permet d’éviter les impasses techniques, les surcoûts et les performances décevantes. Vous vous demandez par où commencer pour câbler votre maison ? Il faut d’abord penser en termes de zones d’usage (bureau, salon, chambres, garage, extérieur) et de services (Internet, TV, domotique, vidéosurveillance, WiFi). À partir de cette cartographie, vous pourrez dimensionner le coffret de communication, choisir les bonnes catégories de câbles et définir les emplacements optimaux des prises murales RJ45.

Dimensionnement du tableau de brassage et choix du coffret de communication grade 3

Le coffret de communication, souvent intégré à la GTL (gaine technique de logement), est le cœur de votre réseau RJ45 domestique. Pour un logement moderne, privilégiez un coffret Grade 3 ou Grade 3 TV qui permet de transporter à la fois les données (Ethernet), la téléphonie et éventuellement la télévision TNT/SAT sur le même câblage. Le dimensionnement dépend du nombre de prises murales et des équipements à intégrer : switch, éventuelle box, ONT fibre, éventuel NAS compact ou routeur dédié.

Concrètement, prévoyez un panneau de brassage (patch panel) avec au moins autant de ports que de prises RJ45 dans la maison, plus une marge de 20 à 30 % pour les extensions futures. Pour une maison de 4 pièces avec séjour, on arrive vite à 8 à 12 prises : deux au salon, une par chambre, une pour le bureau, une près de la baie multimédia, etc. Un coffret 19″ de 10 à 15 U offre suffisamment de place pour un patch panel, un switch 8 ou 16 ports, un bandeau de prises électriques et éventuellement un onduleur compact. Mieux vaut voir large dès le départ que devoir changer de coffret après quelques années.

Tracé optimal des chemins de câbles et respect de la norme NF C 15-100

Le tracé des câbles RJ45 ne se fait pas au hasard. La norme NF C 15-100 impose notamment l’installation minimale de prises RJ45 dans les logements neufs et définit des règles de cohabitation entre courants forts (230 V) et courants faibles (données, téléphonie, TV). Les câbles Ethernet doivent idéalement circuler dans des gaines dédiées, séparées des conducteurs électriques, ou au minimum respecter une distance de sécurité pour limiter les interférences électromagnétiques. Évitez par exemple de faire cheminer un câble réseau parallèlement à un câble d’alimentation de forte section sur plusieurs mètres.

Dans la pratique, il est recommandé de suivre les parcours les plus rectilignes possible, de limiter le nombre de coudes serrés et de respecter le rayon de courbure des câbles (en général au moins 4 fois le diamètre du câble). Pensez également aux évolutions futures : laisser des gaines vides ou des chemins accessibles permet d’ajouter facilement une nouvelle prise RJ45 ou un câble supplémentaire vers un point stratégique (garage, abri de jardin, futur bureau). Un plan de câblage annoté, conservé près du tableau électrique, vous sera précieux pour tout dépannage ou extension.

Installation des prises murales RJ45 et raccordement au panneau de brassage

L’installation d’une prise murale RJ45 repose sur le même principe que le brassage côté coffret, mais à une extrémité différente du câble. Après avoir tiré le câble Ethernet jusqu’à l’emplacement prévu, laissez une réserve de 15 à 20 cm de câble pour travailler confortablement. Dénudez délicatement la gaine extérieure sur quelques centimètres, détorsadez les paires sur la plus petite longueur possible, puis positionnez chaque conducteur selon la norme choisie (T568B dans la majorité des cas). L’outil d’insertion (punch down) assure une connexion fiable et coupe l’excédent de fil.

Côté coffret, la démarche est similaire mais appliquée à un panneau de brassage. Chaque câble venant d’une pièce est terminé sur un port numéroté du patch panel. Vous pourrez ensuite relier ce port à votre switch à l’aide d’un cordon de brassage court (patch cord). Pour garder une installation lisible, prenez le temps d’étiqueter chaque prise murale (Salon 1, Bureau, Chambre 2…) et de reporter ces informations sur le patch panel. Ainsi, en un coup d’œil, vous saurez quelle prise RJ45 correspond à quel port, ce qui simplifie énormément la gestion du réseau et le dépannage.

Équipements nécessaires : pince à sertir, testeur de continuité et câble UTP/FTP

Un outillage adapté rend l’installation plus rapide et surtout plus fiable. La pince à sertir est indispensable si vous réalisez vos propres cordons RJ45 avec des connecteurs mâles, mais pour un câblage structuré résidentiel, on privilégie souvent les panneaux de brassage et les prises à connexion rapide qui utilisent un outil d’insertion (Krone). Un testeur de continuité RJ45 de base (comptez 15 à 30 €) permet de vérifier que chaque paire est correctement raccordée et qu’aucun fil n’est croisé ou inversé, évitant des heures de recherche de panne.

Le choix entre câble UTP (non blindé) et FTP/S/FTP (blindé) dépend de l’environnement. Dans une maison individuelle avec peu de perturbations électriques, un bon câble Cat6 UTP peut suffire pour une distribution réseau fiable. Dans un immeuble dense, à proximité de gros équipements électriques ou si les parcours sont très proches des câbles de puissance, un câble blindé FTP ou S/FTP offrira une meilleure immunité aux interférences. Assurez-vous simplement que les connecteurs, prises et panneaux de brassage soient compatibles avec le type de blindage choisi pour qu’il soit effectivement relié à la terre.

Configuration du switch ethernet et équipements actifs pour la distribution

Une fois le câblage RJ45 en place, les équipements actifs prennent le relais pour distribuer Internet dans toute la maison. Au centre du dispositif, on retrouve généralement un switch Ethernet, éventuellement associé à un routeur dédié ou à la box de votre fournisseur d’accès. Le rôle du switch est comparable à celui d’une multiprise intelligente : il relie entre eux tous les appareils connectés aux prises RJ45 et fait transiter les paquets de données vers la bonne destination. Selon vos besoins, vous pouvez opter pour un modèle simple, non-manageable, ou pour un switch managé offrant des fonctions avancées (VLAN, QoS, agrégation de liens).

Switches managéables versus non-managéables : netgear GS108, TP-Link TL-SG108E

Pour un usage domestique basique, un switch non-manageable comme le Netgear GS108 ou le TP-Link TL-SG108 suffit souvent : vous le branchez, et il fonctionne immédiatement sans configuration. Ces modèles 8 ports Gigabit, réputés fiables, sont parfaits pour relier vos prises RJ45 du salon, des chambres et du bureau à la box Internet. Cependant, dès que vous souhaitez segmenter votre réseau (séparer le trafic de la domotique, des invités ou de la vidéosurveillance, par exemple), un switch managé ou smart managed devient intéressant.

Des modèles comme le TP-Link TL-SG108E ou le Netgear GS108E offrent un compromis abordable entre simplicité et fonctionnalités avancées. Ils permettent de créer des VLAN, de prioriser certains flux (télétravail, VoIP, jeux en ligne) et de surveiller l’état des ports. Pour un lecteur non spécialiste, l’interface web peut sembler intimidante, mais quelques profils prédéfinis suffisent pour mettre en place une segmentation basique. En résumé, si vous visez un réseau domestique évolué, mieux vaut choisir dès le départ un switch administrable, quitte à n’utiliser au début que les fonctions essentielles.

Paramétrage des VLANs pour segmenter les flux data, VoIP et IPTV

Les VLANs (Virtual Local Area Networks) permettent de créer plusieurs réseaux logiques indépendants sur une même infrastructure physique RJ45. Concrètement, vous pouvez séparer le trafic data (PC, NAS), VoIP (téléphone IP) et IPTV (décodeur TV) afin d’éviter les interférences et d’améliorer la sécurité. Par exemple, vous pouvez isoler vos caméras de surveillance IP dans un VLAN dédié, inaccessible directement depuis le réseau invité, tout en conservant l’enregistrement centralisé sur votre NVR. C’est un peu comme si vous disposiez de plusieurs appartements dans le même immeuble, chacun avec ses propres clés et son propre interphone.

La mise en place des VLANs nécessite un switch managé et, idéalement, un routeur ou une box compatible avec la notion de VLAN (ou sous-réseaux). Sur un switch comme le TL-SG108E, vous pouvez affecter chaque port à un VLAN spécifique via l’interface web : par exemple, les ports reliés aux décodeurs TV dans un VLAN IPTV, ceux des téléphones dans un VLAN VoIP, et le reste dans le VLAN principal. Si vous n’êtes pas à l’aise avec ces notions, rien ne vous oblige à les activer dès le départ. Mais les intégrer dès la conception du réseau RJ45 vous permettra de faire évoluer facilement votre installation à mesure que vos usages se complexifient.

Quality of service (QoS) et priorisation du trafic réseau domestique

La Quality of Service (QoS) consiste à hiérarchiser les flux réseau pour garantir une expérience optimale aux applications sensibles à la latence ou à la perte de paquets. Vous avez déjà subi une visio qui coupe lorsque quelqu’un lance un téléchargement volumineux ? La QoS permet précisément d’éviter ce type de situation. Sur un switch administrable ou un routeur avancé, vous pouvez donner la priorité au trafic temps réel (VoIP, visioconférence, jeux en ligne) sur le trafic best-effort (téléchargements, mises à jour, sauvegardes en ligne).

Dans un environnement domestique, il suffit souvent d’appliquer quelques règles simples : prioriser le port auquel est connecté le PC de télétravail, accorder une priorité élevée aux paquets marqués pour la VoIP et limiter le débit de certains équipements non critiques (boîte de stockage en ligne, téléviseur secondaire). Certains switchs proposent des profils QoS préconfigurés accessibles aux non-experts, ce qui permet de bénéficier de cette fonctionnalité sans entrer dans les détails techniques. Couplée à un câblage RJ45 performant, la QoS contribue à une expérience utilisateur fluide, même lorsque toute la famille sollicite simultanément la connexion Internet.

Déploiement du WiFi via points d’accès connectés en RJ45

Un réseau RJ45 bien conçu ne remplace pas le WiFi, il le renforce. En reliant des points d’accès WiFi (AP) via Ethernet à votre coffret de communication, vous créez une couverture sans fil homogène, puissante et fiable, bien supérieure à celle fournie par la simple box dans un coin du salon. Chaque AP reçoit un signal réseau stable en filaire, puis le redistribue en WiFi dans sa zone de couverture. Cette approche, appelée backhaul Ethernet, évite les pertes de débit typiques des répéteurs WiFi qui doivent “écouter” et “réémettre” sur la même fréquence.

Power over ethernet (PoE) pour alimenter les access points ubiquiti UniFi ou TP-Link EAP

Le Power over Ethernet (PoE) simplifie grandement l’installation des points d’accès en leur fournissant à la fois l’alimentation électrique et la connexion réseau via un seul câble RJ45. Des gammes comme Ubiquiti UniFi ou TP-Link EAP tirent pleinement parti de cette technologie : vous pouvez fixer un AP au plafond, dans un couloir ou au centre d’une pièce sans avoir à installer de prise électrique dédiée. Un switch PoE ou un injecteur PoE placé dans le coffret de communication se charge d’alimenter l’appareil à distance.

Pour un usage résidentiel, un switch PoE 4 ou 8 ports Gigabit suffit largement pour quelques points d’accès WiFi et caméras IP. Veillez à dimensionner la puissance disponible (budget PoE) en fonction des équipements connectés : un AP WiFi 6 consomme typiquement entre 10 et 20 W. L’avantage de cette approche est double : une installation plus propre, sans blocs d’alimentation dispersés, et une meilleure centralisation de la gestion (un onduleur unique peut protéger à la fois le switch PoE, les AP et le reste du réseau).

Positionnement stratégique des AP pour une couverture maillée optimale

Le positionnement des points d’accès WiFi est aussi important que le choix du matériel. L’idée est de couvrir uniformément la maison en limitant les zones d’ombre et les chevauchements excessifs. Dans une maison à étage, un AP par niveau, placé de préférence au centre (palier, couloir, plafond du séjour), donne souvent d’excellents résultats. Les murs porteurs, les planchers béton et les éléments métalliques (escaliers, gaines techniques) atténuent fortement les ondes : d’où l’intérêt de plusieurs AP reliés en RJ45 plutôt qu’un seul routeur WiFi surpuissant dans un coin.

On parle parfois de couverture “maillée” lorsque plusieurs AP créent une sorte de filet WiFi homogène, même si le terme “mesh” est souvent réservé aux systèmes entièrement sans fil. Avec un backhaul RJ45, vous bénéficiez des avantages d’un réseau maillé (bonne couverture, roaming fluide) sans sacrifier le débit. Lors de la planification, demandez-vous dans quelles pièces vous avez vraiment besoin d’un WiFi de qualité (bureau, salon, chambres) et où une couverture plus faible reste acceptable (cellier, garage). Cela vous aidera à déterminer le nombre d’AP à prévoir et leur emplacement exact.

Configuration du roaming WiFi et gestion centralisée avec contrôleur UniFi

Le roaming WiFi permet à vos appareils (smartphone, PC portable, tablette) de passer automatiquement d’un point d’accès à un autre sans coupure visible lorsque vous vous déplacez dans la maison. Pour en bénéficier pleinement, il est recommandé d’utiliser le même SSID (nom de réseau) et le même mot de passe sur tous les AP, ainsi que des canaux radio optimisés pour éviter les interférences. Certains systèmes, comme Ubiquiti UniFi, proposent une gestion centralisée via un contrôleur (logiciel ou matériel) qui facilite grandement la configuration et la supervision de tous les points d’accès.

Avec un contrôleur UniFi, vous pouvez visualiser en temps réel les appareils connectés, la qualité du signal, la charge de chaque AP et même appliquer des politiques spécifiques par utilisateur ou par VLAN (contrôle parental, réseau invité, etc.). D’autres constructeurs proposent des outils similaires, parfois accessibles directement dans le cloud. L’intérêt, pour un particulier, est de disposer d’une interface unique pour gérer à la fois le WiFi et, dans certains cas, le switch PoE ou la passerelle Internet. Couplé à votre infrastructure RJ45, ce type de solution offre un niveau de confort et de performance digne d’une petite entreprise.

Intégration multimédia et domotique sur infrastructure RJ45

Un réseau RJ45 domestique ne sert pas seulement à connecter des PC et des consoles. Il peut devenir la colonne vertébrale de toute l’infrastructure multimédia et domotique de la maison. IPTV, enceintes connectées, systèmes KNX ou Loxone, caméras IP, centrale d’alarme, NAS de sauvegarde : tous ces équipements profitent d’une connexion filaire stable et sécurisée. Le WiFi reste utile pour les objets mobiles ou les périphériques difficiles à câbler, mais dès qu’un appareil est fixe et stratégique (TV principale, NVR, box domotique), le RJ45 doit être privilégié.

Distribution IPTV et flux multicast vers décodeurs TV par ethernet

Les offres TV des fournisseurs d’accès utilisent de plus en plus la technologie IPTV, qui repose sur des flux vidéo transportés via le réseau IP. Pour acheminer ces flux jusqu’au décodeur TV du salon ou de la chambre, un simple câble RJ45 suffit, à condition que votre switch supporte correctement le multicast (fonction IGMP Snooping). Sans cette gestion, les flux TV peuvent “inonder” l’ensemble du réseau, dégrader les performances et parfois faire planter certains équipements. Heureusement, la plupart des switchs modernes, même d’entrée de gamme, gèrent aujourd’hui ce type de trafic.

Dans une installation domestique, vous pouvez connecter directement le décodeur TV sur une prise murale RJ45 reliée au switch, lui-même connecté à la box Internet. Certains FAI exigent que le décodeur soit branché sur un port spécifique de la box, mais il est généralement possible de “prolonger” ce port via le réseau câblé, à condition de respecter les recommandations de l’opérateur. Pour distribuer la TV dans plusieurs pièces, vous pouvez soit ajouter des décodeurs supplémentaires, soit utiliser des solutions d’IPTV interne ou de streaming depuis un serveur multimédia local (Plex, Jellyfin) alimenté par le réseau filaire.

Connexion des systèmes domotiques KNX, loxone ou home assistant via câblage structuré

Les systèmes domotiques modernes tirent également parti du réseau RJ45. Des solutions comme KNX IP, Loxone ou un serveur Home Assistant hébergé sur un mini-PC ou un Raspberry Pi utilisent l’Ethernet pour communiquer avec les modules de commande, les passerelles et les interfaces utilisateur. Dans une maison connectée, la box domotique devient le “cerveau” de l’installation, orchestrant l’éclairage, le chauffage, les volets roulants, l’arrosage ou encore le contrôle d’accès. En la reliant en RJ45 à votre coffret de communication, vous assurez une liaison fiable vers tous les équipements concernés.

Le câblage structuré permet également de déployer des interfaces murales (écrans tactiles, thermostats connectés, interphones IP) sans multiplier les alimentations locales, surtout si vous exploitez le PoE. Un écran tactile mural alimenté via PoE et relié en Ethernet au serveur domotique offre une expérience utilisateur fluide, sans les aléas du WiFi. Là encore, la segmentation du réseau via VLAN peut s’avérer utile pour isoler la domotique du reste du trafic et renforcer la sécurité, tout en conservant la simplicité de gestion d’un réseau unique.

Caméras de surveillance IP et NVR raccordés au réseau filaire sécurisé

Les caméras de surveillance IP font partie des équipements qui bénéficient le plus d’un réseau RJ45 stable. Qu’il s’agisse de caméras intérieures ou extérieures, une liaison filaire, idéalement PoE, garantit une alimentation fiable et un flux vidéo sans coupure. En reliant vos caméras au switch PoE du coffret de communication, puis en les associant à un NVR (Network Video Recorder) ou à un NAS compatible, vous centralisez l’enregistrement et le visionnage des images dans un environnement sécurisé et performant.

Pour renforcer la confidentialité, il est conseillé de placer les caméras et le NVR dans un VLAN dédié, non accessible depuis le réseau invité ou depuis les appareils les moins sûrs (objets connectés d’entrée de gamme, par exemple). De cette manière, même en cas de compromission d’un appareil du réseau principal, l’accès direct aux flux vidéo reste limité. Grâce à la structure RJ45, vous pouvez également placer une caméra à des endroits stratégiques (entrée, garage, jardin) sans dépendre de la portée WiFi ni craindre les perturbations dues aux murs ou aux intempéries.

Dépannage et optimisation des performances du réseau RJ45 domestique

Malgré toutes les précautions, il peut arriver qu’une prise RJ45 ne fonctionne plus, qu’un débit s’effondre ou qu’un équipement refuse d’obtenir une adresse IP. Dans ces situations, une approche méthodique permet de localiser rapidement la panne. Commencez par vérifier les éléments les plus simples : cordon de brassage défectueux, port de switch désactivé, LED d’activité éteinte, mauvais branchement au patch panel. Un testeur de continuité RJ45 reste votre meilleur allié pour valider qu’un câble mural est correctement câblé de bout en bout et qu’aucune paire n’est coupée ou inversée.

Si le problème est plus subtil (débit faible, micro-coupures, latence élevée), examinez la qualité des composants utilisés : câbles trop longs ou de catégorie insuffisante, mélange de câbles téléphoniques anciens et de câbles Ethernet modernes, connecteurs mal sertis. Des outils logiciels, comme les tests de débit (Speedtest) ou les utilitaires de diagnostic intégrés aux switchs managés, permettent de vérifier si un port négocie bien en Gigabit ou s’il est tombé en 100 Mbps à cause d’un défaut de câblage. Dans certains cas, un simple rebrassage propre dans le coffret ou le remplacement de quelques cordons usés suffit à retrouver des performances optimales.

Pour optimiser votre réseau sur le long terme, pensez enfin à la maintenance préventive : documentation à jour (schéma de câblage, plan des VLAN, liste des équipements), étiquetage clair des ports, mise à jour régulière du firmware des switchs, points d’accès et routeurs. En combinant une infrastructure RJ45 de qualité, un dimensionnement adapté et quelques bonnes pratiques de configuration, vous disposez d’un réseau domestique filaire capable de suivre sereinement l’évolution de vos usages numériques pendant de nombreuses années.