Charles Fortier(22), garde
Par Simon Boivin
Photos: Pascal Ratthé
L'ennemi le plus menaçant auquel le R&O devra faire face dans sa quête du titre
canadien de basketball universitaire se cache dans son propre camp: l'excès de
confiance.
La fiche de sept victoires et cinq défaites de la troupe de l'Université
Laval en matchs présaisons n'est pas à la hauteur des attentes fondées en elle.
Toutefois, juger de la valeur de la cuvée 2002 à l'aune de ces seuls
affrontements serait précipité.
«Les résultats sur papier ne reflètent pas nos performances, assure l'ailier
Marc-Antoine Horth, un joueur de troisième année. En regardant les
enregistrements des matchs, on voit que nous étions dominants dans plusieurs
facettes du jeu. Notre gros problème a été l'efficacité de nos lancers. Notre
pourcentage de réussite n'était que de 30 ou 40%.»
Horth, natif de Montréal, est confiant que le R&O sera en mesure d'effectuer
les ajustements nécessaires en vue de la saison régulière. La perte des David
Brownrigg et David Kirouack, tous deux ayant complété leurs études, a été
compensée par l'arrivée de quatre recrues. La formation étant composée de quinze
joueurs, l'entraîneur Jacques Paiement aura plusieurs athlètes universitaires
aguerris à envoyer sur le parquet.
«On a vieilli, souligne Horth, un colosse de 6'7''. On est plus mature, on
connaît déjà les jeux, l'exécution. Ça nous permet déjà de nous attaquer aux
autres problèmes. Nous sommes athlétiques, rapides et explosifs. Notre équipe a
le potentiel de remporter le championnat canadien, reste à savoir si on va
l'utiliser.»
Depuis deux ans, le R&O s'approprie le laissez-passer québécois pour le Final
eight d'Halifax, le tournoi qui couronne chaque année la meilleure équipe au
pays. Après avoir été éliminée dès son premier match en 2000, l'Université Laval
s'est rendue jusqu'aux demi-finales, en 2001, où elle s'est inclinée devant les
Mustangs de l'Université Western.
«Le plus grand danger qui nous guette, soulève Horth, c'est l'excès de
confiance. On ne peut pas se permettre de s'asseoir sur nos lauriers dans le
basketball universitaire. C'est quand on se croit trop fort qu'on perd. Il y a
peut-être eu un peu de cela dans nos matchs préparatoires.»
Charles Fortier, originaire d'Amos, en est à sa deuxième année en tant que
capitaine du R&O. «Je pense qu'on peut dire qu'on a une meilleure équipe que
l'an dernier, estime-t-il. La chimie est excellente entre les gars. Depuis deux
semaines, on sent qu'il y a une augmentation de l'intensité et que tout le monde
a hâte que la saison commence.» Le garde-ailier, recrue de l'année au Canada en
1999, entend se servir de ses atouts pour diversifier l'attaque des siens. Comme
au cours des saisons précédentes, il estime que les Redmen de l'Université
McGill seront les adversaires les plus coriaces du R&O au Québec.
«Malgré nos cinq défaites lors des matchs présaisons, on est encore classé au
7e ou 8e rang au Canada, termine Horth. Ça prouve que nous sommes respectés par
les autres entraîneurs. On s'est fait un nom.»