Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
Maquillage Mylène Tremblay
Julie et son chien Tom, un croisé Boxer et Pitbull de 1 an et 4 mois, encore un gamin précise-t-elle.
Championne canadienne à trois reprises en planche à neige, Julie Rhéaume a
quitté le circuit de la compétition depuis plus de deux ans. Pourtant, elle n'a
que 25 ans! Elle n'en demeure pas moins active. Elle se passionne pour sa
nouvelle carrière : l'informatique. De sa vie de compétition, elle en garde de
précieux souvenirs et une grande force de caractère.
Au rythme de la compétition
« Je voulais me concentrer à 100 % sur la planche à neige et vivre le milieu
de la compétition au maximum. Je ne voulais pas mélanger le sport et les études
», explique Julie. C'est en 1994 qu'elle a commencé le snowboard : « J'ai
tout simplement adoré! J'avais tenté le ski alpin, l'année précédente, mais je
n'avais pas vraiment aimé ça. » Comme une autodidacte, elle a appris les
premiers rudiments de ce sport d'hiver. Un sport qui allait l'amener à vivre des
instants de gloire : « Les deux premières années, j'ai vraiment pratiqué seule.
Par la suite, en 1996-97, j'ai fait partie de l'équipe de snowboard du
mont Sainte-Anne. »
C'est en se joignant à l'équipe de snowboard du Français David Ruel,
maintenant directeur de ski et de snow au mont Sainte-Anne, FBI, qu'elle a
véritablement trouvé la motivation de persévérer. À deux reprises, elle s'est
classée deuxième dans le cadre de compétitions américaines d'envergure. Les
titres les plus importants qu'elle a remportés sont sans nul doute ses trois
championnats canadiens en géant, en 1996, 1997 et 1999. « Mon coach avait de
nouvelles idées et de nouvelles structures. Même si notre équipe était
indépendante de l'équipe canadienne, nous étions sous le chapeau du Canada »,
affirme celle qui déplore la lourdeur administrative des programmes de
financement dans certains sports d'hiver au Canada.
« Mon plus beau souvenir fut le championnat canadien que j'ai remporté en
1999. Ceci était une belle clôture à l'année qui avait été difficile et un début
en force pour le nouveau millénaire! » Ses aventures de compétitions l'ont
amenée à descendre de majestueuses montagnes et à explorer d'intéressantes
contrées : « Le plus loin où je suis allée, c'est au Japon, en 1996, lors d'un
championnat du monde junior. Aussi, à chaque année, on se rendait en France
durant trois mois pour s'entraîner et entreprendre les premières compétitions du
circuits européens ». On peut dire qu'elle a fait le tour de bien belles
montagnes! Mais, elle aimerait un jour, juste pour le plaisir, descendre les
montagnes de l'Australie et de l'Alaska.
Elle affirme que le monde de la compétition lui a apporté beaucoup : « Je
veux maintenant continuer à gravir les échelons dans ma nouvelle carrière en
informatique. L'univers de la compétition m'aura appris à me battre et à me
défendre pour mes idées! »
Le feeling de la descente!
« Je fais encore quelques fois des descentes en planche à neige, je trouve
que c'est important parce que c'est une passion! Je sens que le même feeling
revient! Ce que j'aime, c'est la sensation que ça me procure; comme si je
flottais ! », exprime-t-elle. Amatrice des sports extrêmes et de sensations
fortes, Julie trouve aussi un grand plaisir à faire du longboard : «
C'est une planche avec des roues, mais elle est plus longue qu'un skateboard.
On se pratique sur l'asphalte dans des côtes, question de prendre de la
vitesse... L'idéal pour en faire, c'est la nuit dans les rues, lorsqu'il n'y a
pas de trafic! »
Pour performer dans un sport, Julie est d'avis qu'il faut avoir un esprit de
leadership, croire en soi et avoir le courage d'aller jusqu'au bout! Aux
fervents de planches à neige, Julie donne, grosso modo, quelques conseils
: « Les débutants doivent préalablement apprendre à tomber et à freiner. Les
plus habitués, à rester concentrés sur leur planche et à dissocier leurs deux
pieds... Et puis, la descente, c'est l'extase! Il faut se laisser emporter par
le feeling, être dans le trip de la descente! »