Consultez nos anciens numeros Pour nous joindre Mot de l'editeur Retour au sommaire
Canadian Tire

Par Marlène Lebreux
Photo Jocelyn Bernier

« C'est plus fatiguant de parler que de chanter », lance Luc De Larochellière entre deux entrevues. Il faut dire que son nouvel album à de quoi faire jaser. Après quatre ans d'écriture et d'aventure, le grand parolier donne naissance à Quelque chose d'animal, son sixième en carrière!

Au cours des quatre dernières années, Luc De Larochellière a bien sûr écrit, mais il a aussi été occupé à plein d'autres projets : organisation de shows style cabaret, participation aux jams des Francofolies de Montréal, direction artistique du Festival de la chanson de Granby, voyages... « J'ai eu beaucoup de projets qui étaient comme des marathons. Et entre ces projets-là, j'avançais tranquillement sur l'écriture de l'album », affirme l'auteur-compositeur-interprète qui, pour une troisième année, assurera la direction artistique du Festival de la chanson de Granby.


Ce tout nouvel opus s'est donc fait attendre et comme c'est de Luc De Larochellière dont il s'agit, la barre à relever est haute si l'on se réfère aux Amère América, Sauvez mon âme, Los Angeles, Les nouveaux héros et Vu d'ici. « C'est sûr qu'il y a une pression à lancer un nouvel album, enchaîne-t-il. Cette pression-là est différente d'un projet à l'autre, d'un album à l'autre. Le simple fait de mettre quelque chose de nouveau sur le marché et de dire que ce que je présente aux gens va me suivre toute ma vie est une pression en soi. J'ai senti assez vite que moi, mon réalisateur et mes musiciens avaient de quoi de l'fun. En tout cas, nous, on avait du fun! On sentait que l'on avait davantage le vent dans le dos que le vent dans la face. »

Quatre ans d'écriture et d'aventure
Dans Quelque chose d'animal, il trace un portrait des rapports humains à partir de ses multiples observations. « Ce qui me choque le plus c'est la bêtise... La bêtise n'est pas spécifiquement animal, je pense qu'elle est assez humaine. » Selon lui, on vit présentement dans une époque rouge. « Derrière les images de personnes civilisées, propres et bien présentées, se cachent toutes sortes de crimes, de situations passionnelles et violentes... » évoque-t-il en tentant une allégorie de son audacieuse pochette de disque!

Ses voyages (le Bénin, le Mali, le Sénégal, l'Arabie Saoudite...) ont changé son regard sur la façon de vivre de gens de différentes cultures, mais aussi, à son retour, sur la façon dont nous on vit : « Même si avant j'avais fait d'autres voyages dans les pays du tiers-monde, ceux-là, peut-être parce que je les ai faits un peu plus vieux, m'ont encore plus imprégné. Sur le plan artistique aussi. Si l'on parle par exemple de l'Afrique, il n'y a pas que la misère là-bas. On y découvre un grand sens de savoir profiter des bonheurs de la vie et que les arts ont une vigueur incroyable. »

Quant à savoir si Luc De Larochellière est différent de celui qui nous était présenté dans ses précédents albums et spectacles, à cela il répond : « Je vais aller très loin... Mais on dit que l'être humain se régénère au complet à tous les dix ans! Alors, oui il y eu une régénérescence, mais dans la continuité. Je crois davantage à une évolution qu'à une révolution... »

Magneto, la musique sans limite

Par Marlène Lebreux
Photo Jocelyn Bernier

C'est un peu à contresens que les grands musiciens, Rick Haworth, Mario Légaré et Sylvain Clavette, ont uni leur guitare, basse et batterie pour produire leur album Magneto : de la musique sans limite (pas de parole et pas de ligne directrice!) laissant libre cours aux interprétations multiples.

La musique que nous fait entendre Magneto pourrait être celle d'un film... « On laisse l'imaginer à ceux qui l'écoutent! », dit le bassiste Mario Légaré défiant du coup toute personne à scénariser l'une ou l'autre de leurs pièces.

Un trio de musiciens reconnus


Ces musiciens n'en sont pas à leurs premières armes... Rick Haworth est l'un des guitaristes les plus connus du Québec. Ces premiers engagements professionnels remontent à 1977 avec Steve Faulkner, alias Cassonade. Mario Légaré est un compositeur-bassiste qui a été membre de la formation Octobre avec Pierre Flynn en 1973. Tous deux ont collaboré avec des artistes tels Kevin Parent, Daniel Bélanger, Lhasa, Michel Rivard et Paul Piché. Quant à Sylvain Clavette, le batteur, il a joué à ses débuts auprès de Louise Forestier, puis a par la suite cumulé ses collaborations avec les Daniel Lavoie, Michel Rivard, Luc De Larochelière, Isabelle Boulay et Daniel Boucher.

Sylvain explique que c'est en effet à un exercice contraire à ce qui se fait habituellement qu'ils se sont prêtés pour produire Magneto : « Les musiciens qui font de la musique pour un film regardent d'abord les images, s'imbibent de l'ambiance et essayent de composer la musique. Là, c'est le défi contraire... Ce pourrait être effectivement intéressant qu'une personne qui aime jouer avec des images tente de produire des scènes ou des clips avec notre musique. »

« Michel Rivard m'a même dit qu'il était étonné de voir que moi, un fan de chaleur, ait fait un disque aussi froid, c'est-à-dire composé de sons très nordiques, très électroniques... Venant de lui, je trouve que c'est un beau compliment », continue Rick Haworth, qui accorde à l'album une sonorité plutôt désertique. C'est d'ailleurs ce qu'il trouve intéressant dans Magneto : la diversité des images et des émotions qu'il suscite.

Créer des ambiances différentes

« Je voulais faire des musiques qui me ressemblaient, qui n'étaient pas nécessairement habituelles... Et j'ai trouvé les deux bons partenaires pour faire ça! Ils n'ont pas peur de s'aventurer dans des ambiances musicales différentes! », affirme le bassiste.

Les musiciens de Magneto sont allés loin dans l'expérimentation et la modification des sons. Ils ont aussi été cherchés la collaboration de Sandy Silva (qui, de ses pas de danse, fait la cadence de La Bottine souriante) et d'Ariane Moffatt.

« Dans un album instrumental, il y a souvent un instrument qui prend le rôle de la voix. Cela est possible en jouant avec les mélodies, poursuit Rick. Nous autres, assez tôt dans le projet, on s'est dit que l'on ne voulait pas ça! Garder les pièces en mouvement et conserver un intérêt sans avoir recours à cette mélodie-là, je trouvais que c'était un défi...»

Au cours des prochains mois, un autre important défi attend les trois musiciens : faire concorder leurs horaires chargés et leurs multiples collaborations avec d'autres artistes à celui d'une série de spectacles qu'ils aimeraient bien avoir la chance de réaliser ensemble!

 



Travelocity.ca en francais