| Charles Dubé, en route vers la musique
Par Marlène Lebreux
Photos Pascal Ratthé
Pendant que d'autres lançaient leur carrière musicale dès l'aube de leur
vingtaine, Charles Dubé, lui, écrivait sa poésie et terminait ses études
universitaires au deuxième cycle. C'est quelque part dans la trentaine qu'il
décide de miser sur sa force, l'écriture, et de produire son premier album,
Réverbère, avec la maison de disques TACCA Musique.
À 34 ans, ce n'est pas le côté rock star qui l'attire dans l'univers de
la chanson : « Ça fait deux ans que je me suis décidé à faire cet album,
raconte l'auteur-compositeur-interprète originaire de Sainte-Adèle. Avant,
j'ai fait autre chose. J'ai étudié à Trois-Rivières et à l'Université Laval.
J'ai pratiqué comme psychologue auprès des enfants et des adolescents. Ça,
c'est un autre univers qui m'a habité pendant dix ans. »
Mais, Charles Dubé joue de la musique depuis longtemps, que ce soit par
passe-temps ou avec un band dans des party de facultés. Il a commencé à
gratter la guitare quand on lui a proposé cet instrument en cinquième année,
à la petite école. « Ma mère est une artistique. Elle joue du piano, fait de
la peinture, enseigne le français et elle a déjà eu une école de théâtre.
Alors, l'aspect artistique a toujours été présent à la maison depuis que je
suis né. »
Un ciel pour le Soleil
La plume inspirée par Saint-Exupéry - dont il admire le caractère très
humaniste des écrits - et par ses façons de voir et de respirer la vie, il
parcourt, des saisons durant, les pages blanches de sa poésie. Souvent, il a
essayé de joindre la musique à ses poèmes : « Mais ça ne marchait pas,
dit-il. L'écriture me vient plus naturellement que la composition musicale.
À un moment donné, en écoutant l'album Pigeon d'argile de Kevin
Parent, j'ai appris les partitions et je les jouais sur le bord des feux...
J'ai compris sa façon d'écrire à lui. Ceci m'a donné l'élan. J'ai enfin
trouvé ma propre façon de faire pour mettre de la musique sur mes textes. »
La vie, l'amour, la mort, l'espoir, le soleil... « Aborder ces thèmes
peut paraître banal, car ils ont été souvent repris par les poètes et les
chanteurs. C'est ça le piège! J'ai donc décidé de plonger au fond de
moi-même et d'en parler à travers mes cordes à moi. Je ne voulais pas
répéter des choses que d'autres ont déjà dites. »
Une belle expérience de studio
L'enregistrement de ce premier opus a été une agréable période
d'apprentissage pour lui. « C'est un travail de moine faire un disque, c'est
quatre mois de studio ! On chante la pièce une première fois pour faire le
guide vocal. Par la suite, les musiciens jouent les partitions. En regardant
les musiciens travailler, je pouvais les alimenter sur l'intention que je
souhaitais voir émerger de leur jeu... Une fois la partition de la chanson
au point, on enregistre la version finale avec la voix », explique-t-il à
propos de cette première expérience de studio.
Il a donc regardé avec beaucoup d'admiration des musiciens de talent -
dont Rick Haworth, qui a collaboré avec Daniel Bélanger, Michel Rivard, Paul
Piché, Kevin Parent et Laurence Jalbert - harmoniser leur jeu à sa voix et à
ses textes.
Les pieds sur terre...
« C'est peut-être un peu paradoxal, mais je souhaite être entouré de gens
qui m'aiment pour que je ne perde pas pied en faisant mon bout de chemin
dans ce métier, que j'avoue être l'un des plus nombrilistes qui existe.
Parce que finalement ce sont les liens sincères avec les gens qui comptent.
L'art et la créativité sont très importants pour l'humanité, mais ce n'est
pas comme une infirmière qui est en train de faire un massage cardiaque pour
garder une personne en vie... Il faut sans cesse relativiser les choses et
garder ça en mémoire. Je suis très privilégié de pouvoir faire ce que je
fais. »
Des textes touchants habilement fignolés et des rythmes inspirants,
Charles Dubé poursuit sa route son premier opus en main... Il sera à
Saint-Hubert pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste, aux FrancoFolies de
Montréal et probablement, dans le courant de l'automne, qu'il passera faire
son tour à Québec au Théâtre Petit Champlain. À surveiller :
www.charlesdube.com.
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