Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
Vraiment, on grelotte dehors en ce 22 janvier, mais, dans l'enceinte de
l'Agora du pavillon Alphonse-Desjardins, les planches surchauffent... La salle
dépasse les 700 spectateurs et les yeux sont rivés sur les finalistes du Conga
2004.
Plein feu sur la relève
Trois formations en lice : c'est la compétition pour remporter le premier
prix. Pourtant, c'est davantage une ambiance chaleureuse et un esprit de fête
qui règnent dans l'amphithéâtre.
Pour la tenue de cette 18ième édition, rien n'a été négligé : une
plate-forme de trois étages, deux écrans géants - l'un allant du plafond au
plancher et l'autre prenant la forme d'un demi-cercle de 360 degrés -, une
équipe composée d'une quinzaine de techniciens ayant l'expérience de spectacles
prestigieux tels qu'Elvis Story et, surtout, des performances aussi
solides que diversifiées.
Le Conga a bel et bien atteint sa maturité : « Premièrement, au niveau
technique, des progrès considérables ont été faits! C'était la première fois que
l'événement se tenait à l'Agora. Puis, les performances étaient encore plus
impressionnantes! », confirme Céline Chouéri, présidente du Conga 2004,
visiblement satisfaite de l'événement.
Never More Than Less arrive premier
3ième place : Val Salva. C'était le premier groupe à faire son entrée
sur la scène lors de la grande finale. Cette formation originaire de
Trois-Rivières a fait entendre sa musique qui se veut un intéressant mélange de
reggae, de rock et de hip hop. « Quand on a écouté leur démo, on était persuadé
que le chanteur était noir, tellement sa voix avait une sonorité africaine »,
explique Mme Chouéri.
2ième place : Map. Ce groupe, qui en était à sa deuxième participation
au Conga, est bien connu à Québec. À leur musique punk rock, les cinq musiciens
ont ajouté un visuel puissant et révélateur. « Leur force est leur performance
sur scène. Il faut voir leur saxophoniste jouer et se contorsionner! C'est du
vrai miel pour l'oeil! Ils ont offert un show indescriptible. »
Grand gagnant : Never More Than Less. C'était la première
participation de la formation au Conga. Dans bien des aspects, ce quatuor se
démarque : leur son est métal et brutal, leur maquillage et leur déguisement
très colorés, mais surtout il dégage, paradoxalement à leur image, un caractère
très humain. « Ils sont arrivés déterminés. Malgré sa voix détruite par une
vilaine grippe, le chanteur a réussi à véritablement s'imposer », fait remarquer
Mme Chouéri.
Le premier prix est une centaine d'heures d'enregistrement au studio
Champlain, incluant le pressage de 500 CD et une direction professionnelle
durant le processus de création. « Mais les autres formations ne repartent les
mains vides, souligne-t-elle, puisqu'elles se méritent respectivement 50 et 25
heures d'enregistrement. »
Le Conga de l'AESGUL toujours plus populaire
Céline Chouéri
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Mme Chouéri affirme qu'une soixantaine de démos avaient été envoyés pour
participer au Conga cette année, soit un peu plus que l'année dernière. Mais ce
qui démontre encore davantage le rayonnement grandissant de l'événement est le
fait que, parmi les neuf groupes finalistes depuis la semi-finale, cinq étaient
de l'extérieur de la ville de Québec, alors qu'en 2003 la totalité provenait de
la région.
« Pour participer au Conga, un groupe doit, au minimum, être composé d'une
personne qui fréquente le cégep ou l'université. Pour déterminer le grand
gagnant, le jury s'appuie sur des critères tels que la présence sur scène, la
qualité des paroles des compositions, la justesse des prestations musicales,
etc. »
Régi par l'Association des étudiants en Science et Génie de l'Université
Laval (AESGUL), le Conga aura encore une fois été fidèle à son image en
préservant la variété des styles et des langues, des sons et des formations. «
C'est qui distingue ce concours. On ne sait pas à quoi s'attendre! On y fait
d'impressionnantes découvertes! »
Pour en savoir : www.aesgul.ulaval.ca/conga

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Pat The White chante le blues...
Par Marlène Lebreux
Photos Stevens Leblanc
Ambiance décontractée, éclairage tamisé et odeur enivrante de cigare,
voilà des images qui nous viennent à l'esprit quand on parle de blues... Le
blues est aux boîtes de nuit ce que le rock est aux scènes déchaînées... Et
pourtant, le blues, dont l'histoire se confond à celle des esclaves
africains, a largement influencé les rockeurs d'aujourd'hui. Quoi qu'il en
soit, même en marge des marchés commerciaux, le blues continue d'évoluer. Et
Pat The White est sûrement l'un de ces groupes qui contribuera à perdurer
cette tradition musicale au Québec.
« Le blues est une musique qui vient du coeur, qui sort des tripes »,
affirme Patrick Leblanc, le chanteur de Pat The White. Le 16 février
prochain, cette formation fera un pas important de son histoire; elle
lancera son premier album au Pub Saint-Alexandre en plein coeur du Vieux
Québec.
Un gaspésien bluesman
Patrick Leblanc est très connu dans son coin de la Baie des Chaleurs,
Carleton, en Gaspésie. Avant de se consacrer à la musique blues, son
répertoire était composé de chansons québécoises, qu'il présentait dans les
bars. Mais un jour, le blues a touché ses cordes... « C'était lors du
Maximum Blues, un festival international qui se déroule chaque année à
Carleton et qui réunit des milliers d'artistes. J'ai été impressionné par
les différents spectacles. Le premier show de blues que j'ai vu est celui de
Norman Parent, l'oncle de Kevin! »
À la suite de cette révélation, Patrick a ajusté sa guitare et sa voix à
cette forme de musique. Depuis les dix dernières années, il a participé avec
différentes formations à la majorité des éditions du Maximun Blues. L'été
prochain, il affirme que c'est avec grand plaisir que Pat The White se
joindra à cette fête, qui se déroulera du 4 au 8 août.
Installé à Québec depuis maintenant six ans, le jeune bluesman a déjà
participé au Festival de Jazz de Montréal et au Festival International du
Blues du Mont-Tremblant. En septembre 2002, avec son groupe, il a pris part
au jumelage Gaspésie-Mississippi dans le cadre du Maximum Blues. « Il
s'agissait d'un échange d'artistes entre Clarksdale et Carleton. Nanette
Workman, qui est originaire du Mississippi, était la marraine de
l'événement. D'ailleurs, elle participe à deux pièces sur notre album. »
À l'issue de trois ans de composition, le voilà donc son premier opus en
main : « Mon influence vient des CD que j'écoute. Mais ma plus grande
influence est Albert Collins », indique-t-il. Surnommé «The master of the
Telecaster», «The Iceman» ou encore «The Razor Blade», Albert Collins a
également été une source d'inspiration pour de célèbres guitaristes comme
Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter.
Objectif : Québec-Montréal

« Mon rêve serait de jouer avec B.B. King. Je l'ai rencontré le 12
janvier dernier lors de son passage au Grand Théâtre. » Qui est B.B. King?
Il est nul autre que le roi du blues. Il est considéré comme le plus
important guitariste de blues de la deuxième moitié du vingtième siècle!
« Le Blues n'attire pas la majorité de la clientèle, mais je ne veux pas
lâcher. C'est une industrie dans laquelle il est difficile de persévérer. On
ne peut pas vendre 50 000 copies d'un disque blues au Québec. Une grande
artiste comme Nanette Workman, par exemple, en vend 15 000. Mais, je suis
bien là-dedans, je ne changerai pas de branche! », exprime-t-il avec
conviction.
« J'aimerais aussi un jour aller en Europe. Le blues marche bien là-bas.
» Mais pour les prochains mois, l'énergie du groupe sera rivée sur la
promotion de leur album dans les villes de Montréal et de Québec. Pour
écouter Pat The White chanter le blues, surveillez les dates de spectacles à
l'adresse suivante :
www.patthewhite.com. |