Consultez nos anciens numeros Pour nous joindre Mot de l'editeur Retour au sommaire

Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier

L'heure est aux galas de toutes sortes. Le 1 février dernier, le milieu théâtral du Québec tenait son dixième Gala des Masques. Marie-Josée Bastien, qui remportait une semaine auparavant le Prix d'excellence des arts et de la culture de la meilleure mise en scène avec la pièce Impromptu, fait partie du collectif d'auteurs à qui l'on a remis le Masque Production Québec. Lentement la beauté raconte l'influence de l'art dans la vie de l'homme, mais surtout qu'il est encore possible de nos jours de créer ensemble.

Mode M : Que représente pour vous la Soirée des Masques?

Marie-Josée : C'est une grande fête! À titre d'invitée ou de nominée, j'y suis allée à quelques reprises. C'est vraiment agréable de rencontrer tout le monde. On n'a pas souvent l'occasion de célébrer le théâtre. Le processus de création ne doit pas avoir comme but de remporter un Masque, mais cela donne une belle petite tape dans le dos quand cela arrive!

Mode M : La pièce Lentement la beauté a remporté le Masque Production Québec, mais vous avez également obtenu une nomination dans la catégorie Traduction ou adaptation pour la pièce Impromptu...

Marie-Josée : Lentement la beauté est en fait un collectif composé de quatre autres auteurs : Lorraine Côté, Hugues Frenette, Michel Nadeau et Véronika Makdissi-Warren. La pièce a été présentée au Théâtre du Niveau Parking en avril 2003, et une tournée aura probablement lieu l'an prochain... On a écrit une nouvelle en multipliant les discussions, les essais, les improvisations, les répétitions... En tout, le processus de création a exigé un an et demi d'écriture. Cela a été vraiment plaisant de se retrouver, après 10 ans de métier, autour d'un projet commun!

Impromptu est une comédie romantique qui a été présentée au théâtre La bordée. Elle raconte l'histoire d'un groupe d'artistes délinquants qui, à leur première jeunesse, n'avaient pas beaucoup d'argent. Ils seront invités chez un noble, dans sa maison de campagne. Il sera, entre autres, question du grand auteur romantique, Alfred de Musset.

Mode M : Vous êtes très impliquée dans le monde du théâtre, et à bien des niveaux. Vous êtes à la fois comédienne, metteure en scène, auteure et scénariste et professeur au Conservatoire d'art dramatique de Québec. Y a-t-il un domaine dans lequel vous concentrez davantage vos énergies ces temps-ci?

Marie-Josée : Pas vraiment, cela varie d'une année à l'autre... Cette année, par exemple, j'ai obtenu une subvention d'écriture, alors j'essaie d'écrire (rire!). Je ne veux pas avoir à choisir, car je veux participer à différents niveaux du processus de création. En fait, toutes ces activités forment un tout. Chacune d'elles aide à exceller dans l'autre. L'enseignement répond à des questions de mise en scène. L'écriture aide à l'enseignement...

Mode M : Qui sont Les Enfants Terribles?

Marie-Josée : C'est ma classe du Conservatoire... En sortant, on avait envie de produire des pièces à partir de nos coups de coeur, qu'il s'agisse d'adaptation d'une nouvelle, d'un texte original, d'improvisation, etc. Environ neuf pièces ont été montées jusqu'à présent. On ne se fait pas un devoir de créer, on le fait par plaisir. Créer est la chose la plus difficile qui soit!

Mode M : Il y a quelques années votre pièce Carpe Diem a été très appréciée du public adulte, mais plus récemment vous avez écrit La Librairie destinée à un public plus jeune. Avez-vous perçu une différence dans le processus d'écriture?

Marie-Josée : En fait, pas vraiment. Mais, avant de produire la pièce La librairie, je me suis posée la question : comment écrire pour les enfants? Je me suis mise à écrire en me disant que l'on s'adaptera selon que la pièce s'adresse davantage aux adultes ou aux enfants. Les enfants sont assez actifs et ils sont brillants en plus. Pour avoir déjà joué devant des enfants, je sais que ceux-ci expriment rapidement s'ils aiment ou non ce qu'ils sont en train de voir.

Mode M : Vous inspirez-vous des événements qui font l'actualité pour créer vos personnages ou inventer vos histoires?

Marie-Josée : Je ne puise pas vraiment mon inspiration de l'actualité. Je me réfère davantage au passé. C'est comme un moyen de prendre du recul, pour voir la toile qui s'est tissée une fois les événements passés. L'un de mes thèmes récurrents : le rêve dont je me sers pour exprimer l'ambition et l'espoir. J'aime utiliser le féérique et inventer des choses qui donnent l'impression de s'envoler.

Mode M : Pour terminer, quelles sont les personnes que vous admirez?

Marie-Josée : Ouf! mais j'en admire tellement! À vrai dire, il y a une telle volonté de créer aujourd'hui! Tout le monde peut être un héro, car chaque personne peut être une source d'inspiration!

Merci Marie-Josée
Au plaisir de vous revoir au théâtre!