Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
En un quart de siècle de carrière, il n'a pas changé! Du groupe DANGER
(1974-78) aux Frères à ch'val (1994-2001), il a fait partie de six
formations avant de lancer, en 2002, son premier album solo, Citoyen du monde.
En marge des règles établies, en accord avec ses élans artistiques et en totale
synergie avec ses fans, la carrière de Polo est marquée d'une caractéristique
qui le démarque des autres : l'intégrité!
« Je ne lance pas un style par opportunité d'une mode. D'ailleurs, le premier
groupe dont je faisais partie était punk. Imaginez : c'était dans le temps de
Beau Dommage, du retour à la terre, à la nature... Et nous, on portait nos
vestes en cuir, nos t-shirt, nos running », affirme Polo en pointant du doigt
chaque pièce de son habillement lors de l'entrevue. Il réagit aussitôt et
poursuit en rigolant : « Finalement, je n'ai pas vraiment changé avec les
années! »
Album live avec les frères
Le tout nouvel album, Polo et les frères live, tombe à point pour
souligner les dix ans d'existence des Frères à ch'val. Regroupant les
meilleurs succès du groupe et de Polo - de Ma belle barbie à la chanson
Lé zaricos sautés, en passant par le très connu Mon voisin -,
l'album a été enregistré devant leurs fans, il y a près d'un an, au Club
Soda. « On a produit cet album pour le plaisir de se retrouver comme pour
boucler la boucle. Durant la première soirée de spectacle, celle du 29 décembre,
on était stressé. On avait un peu peur de faire des fausses notes. Mais le
lendemain, on s'est laissé aller! C'est ce show qui se trouve sur l'album. »
En janvier, débuteront les spectacles entourant ce nouvel album : « Les shows
vont encore se poursuivre pendant deux ans et demi! » De plus, en février, Polo
se rendra en Amérique du Sud; trois semaines durant lesquelles il en profitera
pour parfaire son espagnol et voir à la traduction de ses chansons.
C'est un premier album live en carrière pour Polo. Déjà, il en envisage un
autre... Il affirme aussi que neuf chansons sont en chantier pour son prochain album
solo qui verra probablement le jour en 2005 : « Il sera plus rock... Ce
sera un retour aux sources! »
Mon voisin d'en haut...
En plus de la flûte, de l'harmonica et de la guitare, Polo est un fan des
musiques du monde : « Chez moi, j'ai un ramassis d'instruments accrochés sur un
mur. On ne peut même pas appeler ça une collection. Ukulele, Cithare... Toutes
sortes d'instruments que j'ai achetés durant mes voyages et dans une boutique de
Montréal, qui, hélas n'existe plus! » Assis devant son mur, Polo regarde ses
mystérieux instruments : « Il faudrait bien que j'apprenne à jouer de celui-ci
», lance-t-il. Aussitôt dit, aussitôt s'imprègne-t-il du mode d'emploi et
exécute-t-il quelques airs de sharango, un instrument d'Amérique du Sud composé
de dix cordes en nylon. C'est d'ailleurs de cette façon que les sons de cet
instrument ont donné naissance à sept chansons figurant sur l'album.
De l'huile et de l'acrylique, des pinceaux et des toiles, Polo est aussi
peintre à ses heures. Richard Z Sirois possèderait même deux de ses toiles et
Michel Barrette cinq t-shirt peinturés signés Polo. Il explique le lien entre la
peinture et la musique comme suit : « Quand je suis au prise avec le syndrome de la
page blanche pour composer de la musique, je me dirige sur la toile. Et quand
c'est la toile qui est blanche, je vais écrire... C'est une règle à trois. »
Un autre projet important occupe présentement Polo. Il s'agit de l'écriture
d'un pilote d'un sitcom inspiré de la célèbre chanson Mon voisin d'en haut...
Composée de 26 émissions, cette série tentera de briser les tabous tels les
préjugés raciaux et les drogues. La gang des ex RBO prendra également part au
projet. Polo passera-t-il devant la caméra? À ce propos, il répond modestement :
« Je ne sais pas encore, mais je crois sincèrement que quelqu'un d'autre que moi
serait plus doué pour jouer mon rôle. » Tout compte fait, les projets et les
idées se fusionnent dans sa tête de sorte que, pour lui, avoir 25 ans de carrière
n'est pas synonyme de vieillesse : « Je suis toujours plus jeune d'année en
année! », assure-t-il.
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Freeworm : énergie solaire!
Par Marlène Lebreux
Photos Pascal Ratthé

L'énergie solaire ça fonctionne! En tout cas, Freeworm en fait la
cacophonique et symphonique présentation dans ses plus récentes compositions
musicales. En fait, les voix, le beat et les textes fusionnent à l'énergie
solaire...
En circulation depuis le mois dernier, Solar Power est le second album
de Freeworm (alias Vincent Letellier). Du hip hop aux influences musicales
sixties, celui-ci nous transporte d'une chanson à l'autre dans une
atmosphère complètement différente de celle du premier. « Les impressions et les
commentaires sont plus polarisés... Il ne laisse pas indifférent : on aime ou on
n'aime pas », fait remarquer l'artiste. Au total, 27 musiciens ont participé à
cet album.
« Avec le premier album, Vegetation = fuel, j'ai appris les rouages de
la production d'un album, allant des aspects plus techniques aux aspects plus
créatifs. Il était plus conceptuel. Les pièces se ressemblaient beaucoup et le
contenu était super unifié. Celui-ci est, au contraire, complètement variant. Il
peut même être d'une certaine façon assez dérangeant... Au niveau de la texture,
c'est un peu comme Mister Bungle fait », explique-t-il en précisant que c'est à
une exploration sans censure de différents styles de musique qu'il nous invite.
Au cours des dernières années, en plus de ses voyages en sol brésilien, où il
a été séduit par la culture et le dosage des sonorités électroniques et
acoustiques, et de ses tournées live, où il s'est initié au hip hop de
M.C. Chimwemwe Miller, un autre événement important a marqué sa vie. Il est
devenu papa : « Être papa est une expérience à temps complet! »
Du son et des images
Aussi différents soient-ils, les morceaux qui figurent sur l'album véhiculent
une image commune : « J'imagine un gros soleil qui illumine jusque dans les
défauts et la joie, jusqu'aux dysfonctions humaines. En somme, un rayonnement
qui va jusque dans l'imperfection. »
En pleine création, le concept visuel de son prochain spectacle sera imprégné
de cette image. Il en parle avec enthousiasme et dit avoir hâte de retrouver
l'énergie de la scène : « La pochette de l'album présentant des chevaux au
soleil donne un indice quant à l'aspect visuel qu'aura le spectacle. La variance
entre les thèmes, les rythmes, les images laisse plus de place à l'imagination.
» Au printemps, Freeworm espère participer au Montreal Electronic Groove
(MEG) en Europe.
Avec Vegetation = fuel, Freeworm a appris beaucoup à propos du monde
de la scène. Les chansons présentées seront certes différentes, mais les
prestations futures seront animées de la même qualité spirituelle, assure-t-il.
Il faut dire que les témoignages des précédents spectacles sont assez
percutants. L'effet Freeworm est vraiment fort. « J'ai même reçu un mail d'une
personne qui disait qu'après avoir assisté au spectacle à Toronto, elle avait
été inspirée à faire le tour du Canada en vélo! C'est qu'il se produit une telle
énergie quand les pièces s'imbriquent les unes dans les autres... Il en ressort
une sorte de frénésie et de folie passagère qui viennent maximiser l'émotion! »
Et c'est sans compter cette femme de Vancouver qui a affirmé que le son du
spectacle lui avait collé à la peau pendant une semaine!
L'artiste a auparavant contribué à la réalisation de plusieurs compilations
de renommée internationale, de bandes sonores pour le cinéma et la télévision et
de remix pour des artistes tels que Bran Van 3000, Adam Chaki et Daniel
Bélanger. Il ne met pas de côté d'éventuelles collaborations, mais pour
l'instant, Freeworm l'occupe à temps complet. L'effet Freeworm n'a pas fini de
rayonner puisqu'il a signé un contrat pour deux autres albums avec Audiogram.
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