Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
Maquillage Mylène Tremblay
Pour Claire Vezina, faire de la musique a quelque chose de semblable à l'art
culinaire. Selon elle, concocter des chansons exige patience, inspiration et
expérimentation. Et le résultat amène à un plaisir : celui de la dégustation!
Ainsi, l'auteure-compositeure-interprète, que l'on n'avait pas entendue
depuis Demi-tour, en 1996, revient, cet automne, avec Alambic. Une
pop-rock où les pièces pimentées de jazz, de blues ou encore de cajun y ont été
fignolées de prestation en prestation : « La version de l'album provient d'un
mûrissement, car presque la totalité des chansons ont été expérimentées en
spectacles... Elles sont donc sorties prendre l'air avant! Chanter devant un public,
c'est bon pour la musique », a-t-elle affirmé lors d'un entretien avec Mode M.
La scène expérimentale
Pour produire ce troisième album, Claire a repris le contrôle du piano, des
claviers et de la guitare. En trio, avec les musiciens Marc-André Dubé et
Olivier Couture, elle a fait de la scène son lieu d'expérimentation. « La
tournée avec le trio a débuté à l'été 2000. Elle a beaucoup apporté à la
production et à l'évolution des chansons... La pièce titre Alambic, par
exemple, a connu des changements comparativement à la version maquette »,
explique celle qui, il y a dix ans déjà, lançait son premier album éponyme.
Presque toutes les pièces ont d'abord été enregistrées à trois musiciens afin
de créer une sorte de lien musical entre elles. « Après on a ajouté les
épices... Faire de la musique, ça ressemble vraiment à faire de la bouffe! »
La formule trio sera de nouveau utilisée pour la tournée Alambic.
Cette fois-ci, le petit groupe sera composé de Marc-André Dubé, à la basse, de
Serge Poulin, à la batterie, et de Claire, toujours fidèle à sa guitare et à son
piano. « L'avantage de jouer en trio, c'est que l'on peut à la fois être
intimiste et faire brasser la salle, ajoute-t-elle. Car une fois sur scène,
c'est le feeling du moment qui compte. Il n'y a pas deux soirs pareils! Les
pièces ne sont pas formatées.... C'est comme ça qu'une pièce continue de vivre!
»
Sur la route de l'inspiration
La route l'inspire... « Je vis à Québec par choix. Je fais donc beaucoup de
route. Plusieurs de mes pièces m'ont été inspirées quand je roulais. » Elle
ajoute que ses escapades en Normandie, au cours des dernières années, l'esprit
d'aventure, l'exaltante proximité de la mer, le choc des cultures, l'espèce de
«melting-pot» musical, ainsi que Le Havre et toutes ces belles promenades - ont
grandement stimulé son désir de créer et de composer.
Elle prévoit même retourner en France à l'été ou à l'automne prochain. « Les
conditions sont différentes pour faire des spectacles en Europe... Tout d'abord,
concernant le courant, tout est sur «du 220» là-bas! Il faut donc se munir d'un
mini transformateur dans nos bagages. C'est petit, mais c'est lourd »,
poursuit-elle, sourire aux lèvres.
Merci aux anges rebelles!
Théoriquement, Alambic est un outil utilisé par les alchimistes pour
transmuter la matière. Symboliquement, il véhicule un aspect important pour
Claire dans le processus de création : savoir prendre son temps.
« La création n'appartient pas seulement au monde de la musique... L'art est
un éternel recommencement. Il faut éviter de prendre les choses comme acquises.
Il faut toujours chercher à aller plus loin... s'inspirer. Oui, ça arrive les
pages blanches, notamment durant les périodes de questionnement. L'ange rebelle
est cette force qui nous visite et qui nous inspire... L'art dure, mais la vie
est courte.... Il permet de laisser sa trace », explique-t-elle en adressant un
merci aux anges rebelles.
Claire Vezina sera dans le coin de Charlevoix les 14 et 15 novembre prochain
à La Timonerie. Visiter son site pour connaître les autres dates et endroits où
elle sera de passage :
www.clairevezina.com.
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Carl Bastien : après les studios, la scène !
Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
Si le nom de Carl Bastien sonne nouveau à vos oreilles, vous ne pourrez en
dire autant de ses mélodies. En fait, ce génie du son a déjà prêté son talent à
la réalisation d'albums des Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Marc Déry, Dumas...
C'est maintenant qu'il sort de son studio et lance son premier opus : Stone
County Players - Extra Lovin'.
Entre ses multiples collaborations avec d'autres artistes (car il est l'un
des réalisateurs les plus occupés de Montréal!), Carl Bastien a destiné ses
temps libres à la préparation de son album : « C'est un projet auquel je pensais
depuis longtemps », indique-t-il. S'inspirant d'artistes tels Bowie, Pink Floyd
et les Beatles, ainsi que du rock and roll à la Jerry Lee Lewis et Elvis, il a
composé des pièces exprimant ses états d'âme, sur ce qui lui tient à coeur dans le
monde.
Mais, pour le multi-instrumentiste, qu'est-ce qui vient avant : la musique ou
les paroles? « À vrai dire, les paroles et la musique ont été composées en même
temps... C'est souvent le refrain qui est venu en premier. J'ai reçu l'aide
d'une amie, Élizabeth Dehler, pour la composition des textes. »
Pour la première fois sur scène
Après la vie en studio d'enregistrement, c'est un nouvel univers qui s'ouvre
à lui : celui de la scène. « Mis à part, le lancement de l'album, le 15 octobre
dernier, je n'ai encore jamais eu l'occasion de monter sur scène. J'ai cependant
beaucoup appris sur le monde du spectacle avec Daniel Bélanger, poursuit celui
qui, après avoir réalisé le mixage et la co-réalisation de Rêver mieux,
a aussi été le directeur musical de la tournée du même titre en 2002 et 2003.
J'ai vu comment il réagissait avec le monde. » Aucune date n'a encore été
déterminée pour la série de spectacles, mais elle devrait avoir lieu après la
période des Fêtes.
L'élaboration du concept pour la tournée est en cours. « Il est prévu qu'il y
ait une vingtaine de personnes sur scène. La formation variera d'un spectacle à
l'autre. On veut faire des jams, des improvisations musicales, de sorte que
l'interprétation d'une chanson soit différente d'une fois à l'autre. On pourrait
faire une version plus électrique d'une version plus acoustique, ou vice versa.
»
La musique : source de plaisir
Son esprit créatif a toujours été très développé. Plus jeune, le dessin, les
films et la photo faisaient partie de ses passe-temps de prédilection. C'est
lorsqu'il a découvert Georges Martin, le producteur et réalisateur des disques
des Beatles, qu'il a eu le déclic... Ainsi, depuis l'âge de sept ans, le studio
est devenu son gros carré de sable!
S'il a suivi des cours de musique au Cégep de Trois-Rivières, à la fin des
années 80, c'est davantage en véritable autodidacte qu'il a maîtrisé l'art de
l'enregistrement et de la conception sonore : « Le cégep m'a aidé à apprendre
quelques notions de base. Cependant, je n'étais pas très discipliné pour
pratiquer. J'avais de la difficulté à évoluer dans un univers trop encadré »,
avoue-t-il.
Carl continue encore de s'amuser avec quelques autres harmonies et autres
notes musicales, car il dit être déjà à la conception d'un autre album. Comme
quoi la musique est pour lui un véritable terrain de jeu!
Son site Internet (www.carlbastien.com)
vous permettra d'entrer quelques instants dans son petit terrain de jeu et de
surveiller les dates et les endroits de ses futurs spectacles.
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