Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
L'été durant, il a déballé son sceau d'humour sur les ondes de Musique Plus
au Groulx Luxe, c'est n'importe quoi... En supplémentaire le 3 novembre
prochain (puis de nouveau les 2 et 3 mars 2004) à la salle Albert-Rousseau, son
one-man-show va bon train. C'est un autre visage du « gamin joueur de
tour » que Patrick Groulx dévoile sur scène.
Mode M : Les premières présentations de ton spectacle ont eu lieu en
février dernier. Il s'en est passé des choses depuis. Est-ce que les numéros ont
évolué?
Patrick : Oui. Il y a évidemment eu des ajouts et des coupures en ce
qui concerne les textes. Mais c'est surtout au niveau du jeu et de
l'interprétation que le spectacle a évolué. Je suis plus à l'aise... Il y a plus
de place à l'improvisation... J'aime l'interaction avec le public. Un spectacle
ça se fait en gang!
Mode M : Pour développer et jouer tes célèbres personnages - le
brigadier, Simon Perron, Rocky Bertrand et le curé Poirier - est-ce que tu
t'inspires de ton entourage?
Patrick : Je sais que mes personnages sont absurdes, niaiseux et
exagérés, mais quand j'ai écris mon one-man-show, je me suis
effectivement inspiré du monde qui m'entoure. Je me suis dit que l'on soit
journaliste, humoriste ou médecin, à la base, on recherche tous la même chose.
Tout le monde a besoin d'amour et de la reconnaissance des gens. Le brigadier,
par exemple, est cet être déçu de la vie qui un jour en épluchant ses patates a
eu un déclic. En créant Simon Perron, je voulais parler de la
désinstitutionnalisation, qui est un problème qui me touche. Les schizophrènes
ont besoin d'aide et d'amour. Par manque d'argent ou de fonds mal placés, on les
remet dans la société et on leur demande de s'arranger tout seul.
Mode M : Essaies-tu de faire passer des messages à travers ton humour?
Patrick : À vrai dire, ce n'est pas mon but. Je n'ai pas la
prétention de vouloir faire de l'humour intelligent. Mon but premier est de
divertir.
Mode M : Quelle est l'idée à la base de l'émission Le Groulx Luxe?
Patrick : N'importe quoi! En fait, je voulais faire sortir le côté
gamin et joueur de tour qu'il y a en chacun de nous.
Mode M : L'émission connaît un grand succès. Es-tu surpris de l'accueil
des gens?
Patrick : Oui... Auparavant, l'idée d'une telle émission avait déjà
mijotée dans ma tête. Je l'avais même proposée à un producteur qui l'avait
trouvée intéressante. Mais, il trouvait aussi que la ligne directrice de
l'émission n'était pas assez claire. Je disais : « Et bien, c'est n'importe
quoi! » Finalement, c'est Musique Plus qui a appuyé le projet. C'est un beau
geste de confiance!
Mode M : Il y aura une suite...
Patrick : On organise présentement un concours en collaboration avec
Énergie et dont les informations se trouvent sur le site de Musique plus. On
demande aux gens de proposer une idée de personnage. Le gagnant participera au
tournage d'une émission spéciale qui aura lieu en décembre. Les émissions
régulières du Groulx Luxe reprendront ce printemps. Raphaël et moi devons
bientôt nous rencontrer pour réfléchir à des idées et des nouveaux tours à
jouer. On voudrait faire des émissions spéciales comme aller dans d'autres
villes...
Mode M : On te reconnaît à tes mimiques, tes gags... Y a-t-il des choses
que tu prend au sérieux?
Patrick : En fait, je prends beaucoup de choses au sérieux, c'est
pour ça que j'essaie de dédramatiser. C'est comme un mode de survie! La haine,
la guerre... il y a plein de choses qui m'affectent et que je ne comprends pas.
Mais, il peut être très facile de tomber là-dedans et de se morfondre. Il faut
essayer d'être heureux et prendre le temps de penser à des choses plus
joyeuses... et Le Groulx Luxe me le permet!
Mode M : Tu as été la découverte de l'année au Gala des Olivier...
Patrick : Vraiment, je sais bien que tout le monde dit ça, mais je ne
pensais vraiment pas gagner. Je n'avais jamais rien gagné de ma vie! Même pas à
l'école, ni à la loterie! Le seul prix que je souviens avoir gagné c'est ce
parasol Sunkist à l'âge de 15 ans! Cet Oliver fut vraiment un beau cadeau
que j'ai dédié tout spécialement à mes parents. Je ne pensais pas que cela
m'aurait autant ému!
Mode M : Pour terminer, as-tu un souvenir d'Halloween à partager?
Patrick : Je me rappelle que je tripais sur Goldorak et que ma mère,
qui est bonne couturière, m'avait fabriqué le costume d'Actarus. J'étais
tellement fier! J'avais un gros sourire dans la face! J'aurais dû avoir 18 ans!
Mode M : Ah!?
Patrick : (Rire) Non... Sept ans! J'aime voir la réaction des gens
quand je leur joue des tours.
Merci Patrick!