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Pot-pourri estival

par Pierre Vézina

J'ai assisté à la dernière étape du Tour cycliste de France qui a couronné pour une cinquième année de suite l'Américain Lance Armstrong. Evidemment, j'étais confortablement installé devant ma télé, mais j'aurais tant aimé me retrouver dans la foule (surtout à Paris !), tout près de l'action, pour mieux saisir l'ampleur de l'exploit. La souffrance physique subie par ces athlètes ne se lit que dans leur visage et au fond de leurs yeux.

Armstrong vient d'accomplir un fait grandiose dans l'univers sportif. Un seul autre cycliste, l'Espagnol Miguel Indurain, l'avait réalisé avant lui. Cinq victoires de suite dans l'épreuve sportive la plus exigeante de la planète. Parcourir 3 020 kilomètres en vélo en 21 jours relève de la folie pour presque tous les humains.

Faites le calcul, Armstrong a roulé à une vitesse moyenne de 36 km/h. Pendant plus de 83 heures ! De plus, il y a le haut risque de chute. D'ailleurs Armstrong en a été victime. Son plus proche poursuivant Jan Ullrich également. À ces vitesses-là, croyez-moi, ça fait mal ! Et cette année, il y a eu la canicule qui a frappé pendant la première moitié du tour. Si vous avez déjà participé à une randonnée cycliste populaire, vous n'aurez pas de mal à imaginer l'effort déployé.

J'allais oublier : en octobre 1996, Lance Armstrong apprenait qu'il était atteint d'un cancer des testicules qui s'était étendu aux poumons et au cerveau. Les médecins lui accordaient 40% de chances de guérison. Quatre mois plus tard, il avait remporté la plus grande épreuve de sa vie. Il est inutile d'en rajouter ; vous avez bien saisi la grandeur de cet athlète.

Et je ne peux rester insensible devant ce genre de réalisation. Par contre, quand on parle de cyclisme et particulièrement du Tour de France, j'ai un peu de difficulté à ne pas douter. Les scandales de dopage des dernières années remontent inévitablement à la surface. On a beau tenter de nous convaincre que des tests de dépistage ont été effectués pour éliminer les tricheurs, il restera longtemps et probablement toujours des soupçons qui terniront l'éclat de ces exploits. Les athlètes, leurs médecins et leurs entraîneurs sont toujours en avance dans le développement des méthodes de dopage sur ceux qui cherchent à les coincer.

Mais malgré tout, il faut tout de même parler d'exploit. Même si le dernier cycliste à franchir le fil d'arrivé a, dans une discrète camionnette, à l'abri des regards, consommé des substances dopantes pour améliorer ses performances, même si le dernier a triché, il a réalisé à mes yeux un exploit. Demandez à n'importe quel athlète «ordinaire », un joueur de hockey ou un crack du vélo de chez nous, il vous dira franchement qu'il ne pourrait subir ce que ces machines humaines ont enduré pendant 21 jours. Même dopé.

Il est clair que je ne pourrai jamais approuver le dopage sportif. Sous aucune forme. Ça contrevient à ma définition de la justice et de l'esprit sportif. Et même si la gêne nationale qui a résulté du scandale Ben Johnson n'était pas très agréable à supporter, je suis quand même heureux que le Canada soit devenu un leader mondial dans le domaine du dépistage du dopage sportif. Même si des tricheurs trouveront toujours des moyens d'y échapper...

Un dernier petit point : pour tous ses efforts, dopé ou pas, Armstrong touchera un beau magot : 600 000$ US. Pas grand-chose si on compare à d'autres sportifs professionnels...



Un dernier mois de vacances pour José Théodore...


Photo Jocelyn Bernier

Le cirque va bientôt débuter... Dans quelques semaines seulement (déjà !), le camp d'entraînement du Canadien va s'ébranler. De quoi pensez-vous va-t-on parler ? Du gros ailier ? Du robuste défenseur ? Du nouveau directeur-gérant ? Ben non. On va parler de José Théodore. Des histoires de prêts usuraires auxquelles sont mêlés son père et ses frères.

Prenons pour acquis que Théodore n'a rien à voir directement à cette affaire. Et pour être prudent, je devrai utiliser le conditionnel. Parce que selon la loi, les membres de la famille Théodore ne sont pas encore coupables.

Je serais très étonné que le gardien du Canadien n'était pas au courant des présumées opérations louches qu'auraient menées ses proches. Il aura probablement, si ce n'est déjà fait, à répondre aux questions des enquêteurs. Ça, ça peut aller.

Mais là où ça va se compliquer pour Théo, c'est quand le troupeau de journalistes déchaînés va se ruer sur lui à l'issue de la première séance d'entraînement. (Au fait, est-ce que c'est le travail des médias de mener l'enquête ? Et cette réflexion pourrait s'appliquer à des centaines d'autres dossiers...) Vous imaginez la scène ? Je ne voudrais pas être dans ses jambières qui ne pourront rien faire pour le protéger. Le seul moyen de lui épargner ces mitrailles de questions «hautement journalistiques, qui sont posées pour respecter le droit du public à l'information » (ici, j'ironise...), c'est de l'isoler en permanence, dès qu'il n'est pas sur la patinoire. Lui éviter tout contact avec les méchants médias.

Mais ça, c'est de la théorie. Croyez-vous sérieusement que ça pourrait se passer ainsi dans la pratique ? Et même si c'était possible, aimeriez-vous devoir vivre pendant des semaines dans un cocon ultra-étanche ? Seul ? Jamais de la vie. Tôt ou tard, la vedette du Tricolore devra donc faire face au peloton d'exécution. À moins que...

ÉCHANGEZ-LE ! ! ! Pour son bien. Pour le bien de sa blonde. Pour le bien de ses coéquipiers, des dirigeants de l'équipe. Pour le bien de tout le monde, quoi. Et tout de suite. Comment voudrez-vous que le Canadien obtienne un ou des joueurs d'égale valeur s'il perd six ou sept de ses dix premiers matches, en octobre ? Actuellement, Théodore, malgré une dernière saison en dents de scie, jouit d'une très haute estime auprès des autres dirigeants d'équipes. Et plusieurs formations se cherchent un gardien de sa trempe. Que le Canadien en profite avant qu'il ne soit trop tard.

Et échangez-le loin, dans la conférence de l'Ouest. Pour qu'il n'ait à venir jouer à Montréal au pire qu'une seule fois, durant la saison. Et encore, il pourrait peut-être attraper la grippe deux jours avant ce match ! ...

À mes yeux, Théodore est trop bon pour qu'une histoire dans laquelle il n'est pas impliqué vienne nuire fatalement à sa carrière. Il mérite la chance de gagner son pain et de tripper avec une autre formation. Le Tricolore lui rendrait et SE rendrait à lui-même un très grand service en l'échangeant.

Grand Prix du Canada
Qui est le clown du «grand cirque de la Formule-1 ? »

La nouvelle est encore toute fraîche. Il y a encore plein de poussière dans l'air et les contradictions se heurtent sans relâche. Personne n'a l'impression d'y voir très clair. Et j'ai l'impression que même le grand patron de la Formule-1, Bernie Ecclestone, et celui du Grand Prix du Canada, Normand Legault, sont également dans le brouillard. Ou bien, ils en donnent volontairement l'impression. Peut-être pour s'accorder un délai supplémentaire justement pour s'éclaircir la vue.

Parce que quelques heures seulement après le choc provoqué par l'annonce faite par Normand Legault, Ecclestone niait tout en disant qu'il ignorait d'où venait cette histoire qui écartait Montréal du menu de la Formule-1 en 2004. Bizarre, non ? Certaines sources racontent même que Legault veut masquer la vraie raison du retrait de Montréal : les installations du circuit Gilles-Villeneuve ne répondent plus aux besoins de la F1 et on n'a pas d'argent pour financer les travaux d'amélioration.

Quoiqu'il en soit, l'annonce faite par Normand Legault ne plaît à personne. Mais vraiment personne. Pour avoir parlé moi-même à plusieurs intervenants du monde de la F1, tous sont unanimes pour dire que l'étape de Montréal est l'une sinon la plus appréciée de la saison. La proximité du centre-ville permet aux membres des équipes, aux accompagnateurs, aux touristes étrangers et aux journalistes de se retrouver en plein coeur des activités et de bien sentir l'ambiance de fête qui règne à Montréal durant la semaine du Grand Prix.

Les gens du milieu touristique et économique de Montréal seront privés de l'événement le plus rentable de l'année. On parle de plus de 80 millions de retombées. Et donc, calculez bien, d'environ 12 millions de taxes dans les coffres de gouvernements provincial et fédéral.

Et il y a bien sûr les amateurs de sport automobile. Ceux dont personne n'a parlé depuis la fameuse conférence de presse de Normand Legault. On parle d'argent, de commandite, de tabac, d'argent encore, mais personne ne se soucie des 300 000 personnes qui se déplacent chaque année pour aller tripper sur l'île Notre-Dame. Personne ne parle des centaines de milliers de téléspectateurs qui attendent fébrilement les mots magiques de Pierre Houde : « Et on roule sur le circuit Gilles-Villeneuve » ! Je suis de ceux-là et j'ai carrément l'impression que nous ne pesons pas bien lourd dans la balance.

De toute façon, personne ne comprend vraiment ce qui se passe pour le moment. Il faudra sans doute attendre quelques jours pour que le brouillard se dissipe et qu'on puisse enfin évaluer la vraie réalité. On s'en reparlera à ce moment-là.

Entre-temps, on va laisser le temps aux clowns du cirque d'enlever leur maquillage... et de révéler leur vrai visage.