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Tournoi de la Coupe Memorial à Québec
Y en n'aura pas de facile pour les Remparts !
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par Pierre Vézina

Photo Steve Deschênes
Les meilleures équipes de hockey junior au Canada seront chez nous à Québec pour
le grand rendez-vous du printemps, à la fin mai, pour le tournoi de la coupe
Memorial. Pendant de longues années, les amateurs du Québec ont porté peu
d'attention à cette finale nationale, tout simplement parce que, pendant un quart
de siècle, les équipes représentant la province y ont éprouvé toutes sortes de
difficultés.
En fait, aucune équipe du Québec n'a remporté la coupe Memorial entre 1971 et
1996. Pourquoi ? On a souvent évoqué la petite taille des joueurs québécois,
intimidés par les colosses de l'Ouest et la robustesse des Ontariens. C'est
peut-être vrai. Par contre en 1996, les Prédateurs de Granby dirigés par Michel
Therrien ont marqué le début d'une belle séquence des équipes de la Ligue junior
majeure du Québec en remportant les grands honneurs. Une première québécoise en
25 ans ! Les Remparts de Québec, avec Guy Lafleur comme capitaine, avaient été
la dernière équipe québécoise, en 1971, à boire le champagne dans la précieuse
coupe.
En 1997, les Olympiques de Hull répétaient l'exploit pour le Québec. Puis au
printemps 2000, c'est l'Océanic de Rimouski qui remportait la grande finale. Au
cours des deux dernières années, les équipes du Québec se sont inclinées lors du
match ultime de la compétition : Val-d'Or, en 2001, et Victoriaville l'an dernier.
Cette année, les Remparts de Québec étaient déjà assurés de participer à
l'événement puisque le tournoi est présenté à Québec. Ils auraient bien voulu
entrer dans le tournoi avec le titre d'équipe championne de la LHJMQ, mais le
Drakkar de Baie-Comeau, les champions de la saison régulière, ne l'entendait pas
ainsi : les Remparts ont subi l'élimination en deuxième ronde des séries
éliminatoires. Les Remparts devront donc se contenter du statut d'équipe-hôtesse.
Mais pour entrer dans la danse, une petite porte de côté peut donner le même
résultat que la grande porte d'en avant!
« Par contre, c'est certain que nous ferons figure de négligés, m'a affirmé
l'entraîneur chef des Remparts, Éric Lavigne. Nous devrons nous frotter aux
champions de chacune des trois ligues junior canadiennes. La tâche ne sera pas
facile, mais nous ferons l'impossible pour les surprendre. »
Josh Hennessy
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Timofei Shishkanov
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David Massé
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Photos Steve Deschênes
En effet, les Remparts se sont compliqué la vie en subissant l'élimination près
de cinq semaines avant le tournoi de la coupe Memorial. Mais n'allez pas croire
que ce long congé signifie automatiquement que les Remparts n'auront aucune
chance face à des clubs qui se seront fait la main en remportant les
éliminatoires de leurs ligues respectives. À preuve, en 1999, les 67 d'Ottawa
étaient les hôtes de la Coupe Memorial et ils ont été éliminés dès la première
ronde des séries ! Et pourtant, les 67 ont remporté les grands honneurs devant
leurs partisans.
« Ce sera d'ailleurs notre plus gros avantage. La foule du Colisée sera presque
à 100% derrière nous. On a vraiment hâte de sentir à nouveau cet appui si
important dans des matches où l'enjeu est majeur, poursuit Éric Lavigne. Autre
avantage non négligeable, nous débuterons le tournoi avec tous nos joueurs en
santé ; on aura eu amplement le temps de guérir nos bobos. Par contre, le long
congé nous amène certaines craintes quant au synchronisme, à la qualité de
l'exécution. »
Pour minimiser les effets des cinq semaines loin de l'action, les dirigeants des
Remparts ont organisé un programme plutôt chargé : entraînements deux jours sur
trois, et, le troisième jour, des activités où l'esprit d'équipe et la
compétition étaient mis en évidence. Et une semaine avant le début du tournoi,
les Remparts disputeront deux matches à une équipe formée de joueurs québécois
qui évoluent, pour la plupart, dans des ligues professionnelles en Europe. Un bon
test, contre des joueurs plus âgés et plus expérimentés.
Est-ce que tout cela sera suffisant ? J'aimerais bien pouvoir vous le dire, vous
donner la primeur, mais je n'ai aucun talent de devin. J'espère seulement que
les fantômes des Remparts de 1971 se manifesteront et viendront donner un coup
de main à l'édition de cette année. On ne refusera aucun coup de main.
Sinon, souhaitons-nous du beau temps pour qu'au moins, on puisse assister aux
matches en bermudas et en t-shirt. Et ce sera tellement plus agréable si jamais
il y a une parade sur la Grande-Allée !
Bruno Heppell
En attendant d'être "boucher" à temps plein,
il dépèce les défensives adverses !

Photo Pascal Ratthé
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Un grand sage a déjà dit : « Peu importe la ligue, peu importe le calibre de
jeu, un championnat, c'est un championnat. Et c'est très grisant. » Parlez-en au
joueur des Alouettes de Montréal Bruno Heppell (c'est lui, le grand sage !) qui
a passé un hiver très occupé. « Mais très plaisant, s'empresse-t-il d'ajouter.
Ça faisait six ans qu'on attendait la coupe Grey à Montréal, et maintenant que
c'est fait, on en a profité à plein. Le sentiment d'être champion, c'est
magnifique. Et, on a eu beaucoup de plaisir à le partager avec les amateurs du
Québec. »
Mais les choses sérieuses reviennent vite à l'horaire. Je croyais interrompre
Bruno Heppell entre deux séances d'entraînement, lorsque je l'ai rejoint sur son
cellulaire. Ce dernier a toujours été un adepte du conditionnement physique. «
Je m'entraîne une ou deux fois par jour, même durant la saison morte, me
confirme Bruno. J'ai toujours été très actif et c'est certain qu'après ma
carrière de joueur de football, je vais continuer à m'entraîner. Quand on est en
forme physiquement, on est également en forme mentalement et ça aide à mieux
évoluer dans la vie de tous les jours. »
Et, dans sa vie de tous les jours, quand il ne joue pas au football, il est
entrepreneur dans le domaine des viandes. Il s'affairait à comptabiliser les
factures à envoyer aux clients lorsque je l'ai contacté. Eh oui ! presque tous
les joueurs de football de la Ligue canadienne doivent travailler en plus de
s'amuser à se rentrer dedans ! Il y a un monde entre les salaires versés aux
joueurs de la Ligue nationale de football aux États-Unis et ceux accordés au
Canada. « C'est évident qu'il y a plein de gens qui font plus d'argent que moi
dans le sport professionnel, raconte Heppell. Mais si je passais mon temps à me
comparer à eux, je serais malheureux toute ma vie. Moi, je préfère comparer mon
salaire à celui du commun des mortels. Et je considère que je touche un très bon
salaire. Je suis très chanceux. »
Si le rêve de la plupart des gens est d'avoir la chance de remporter le gros
lot et de se payer du bon temps, Bruno Heppell, lui, n'est pas du genre à
espérer la retraite le plus tôt possible. « Bien sûr, on n'a pas beaucoup le
choix, mais quelque part, c'est normal de travailler ! J'aurais de la difficulté
à m'imaginer à 35 ans et ne plus travailler pour le reste de mes jours ! »
Même si son grand-père était boucher, c'est par un pur hasard qu'il se
retrouve dans le même domaine. « Il y a une couple d'années, j'ai rencontré René
Despaties des Viandes AMS. On a vite développé une très bonne relation. Il m'a
initié aux rouages de l'entreprise et je prendrai la relève lorsque nous
arriverons à nos retraites respectives dans quelques années, lui de la viande,
moi du football. »
« Et, j'ai l'avantage de pouvoir jouer au football pendant que je prépare une
après-carrière, poursuit Heppell. La plupart des gens doivent choisir rapidement
une carrière, très jeune, sans avoir vraiment beaucoup de temps pour s'y
préparer. Moi, j'ai la chance d'avoir plusieurs années pour bien choisir ce que
je veux faire après ma carrière d'athlète. Et, en attendant, je joue au football
et je suis payé ! Quel bonheur ! »
Chez les Alouettes de Montréal, les joueurs occupent leurs entre-saisons dans
des domaines très variés : il y a des entraîneurs personnels, un fermier, Éric
Lapointe est conseiller financier, Mark Megna est mannequin, Ozooma Okeke est
consultant en marketing, Paul Lambert est représentant des ventes pour une
station de radio, Jock Climie (maintenant à la retraite) est avocat.
Ça faisait une bonne vingtaine de minutes que Bruno Heppell répondait avec
enthousiasme à mes questions. Que je l'interrompais pour avoir des détails ou
des précisions sur ceci ou cela. Qu'il réagissait avec intérêt à mes
commentaires d'amateur de football averti. Jamais, je n'ai senti que je le
dérangeais. D'ailleurs, c'est une particularité très appréciée chez les joueurs
des Alouettes de Montréal qui pourraient servir d'exemples pour tous les
sportifs professionnels.

Copyright Alouettes de Montréal
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« C'est un principe qui a été instauré chez les Alouettes par Larry Smith,
l'ancien président de l'équipe, précise Heppell. Il nous a fait prendre
conscience qu'il était très important d'être près des gens et des jeunes de
Montréal et du Québec. Ça veut dire s'arrêter pour saluer et serrer la main d'un
partisan, ne jamais refuser de signer un autographe, de se faire prendre en
photo. Notre approche vis-à-vis la communauté et nos fans est unique à travers
la Ligue canadienne. Nous sommes des modèles pour des milliers de jeunes et même
d'adultes et les sourires que l'on reçoit en retour, c'est un boni sur nos
salaires. »
Et ça peut aussi faire oublier les petits et les gros bobos inévitables pour
les mastodontes qui pratiquent ce sport aux contacts souvent douloureux. Quand
j'ai demandé à Bruno Heppell s'il avait déjà comptabilisé les blessures qu'il a
subies au cours de sa carrière, la liste était toute prête... dans sa tête. « On
se fait souvent poser cette question quand on visite des jeunes dans les écoles.
Allons-y : commotion cérébrale, sub-luxation de la clavicule droite qui a
nécessité une opération, fracture du poignet gauche, dislocation d'un pouce,
foulures aux doigts, foulure du poignet droit, blessure à un genou, problèmes de
dos, fracture au pied droit, dislocation du gros orteil gauche et foulures aux
deux chevilles. Pour l'instant, c'est pas trop difficile de se lever le matin. À
mon âge, ça finit par guérir, mais peut-être qu'à 45-50 ans, je ressentirai
davantage les effets de ces blessures. »
Bruno Heppell et sa bande (incluant les cheerleaders) seront en grande visite
à Québec, au stade du PEPS de l'Université Laval, le 7 juin prochain pour y
disputer un match pré-saison face aux Renegades d'Ottawa. Il souhaite pouvoir y
rencontrer son idole, le gardien de but de l'Avalanche du Colorado, Patrick Roy,
qui passe ses étés dans la Vieille Capitale. « J'admire le niveau de confiance
qu'il démontre quand il est devant le filet. Plus l'enjeu est grand, meilleur il
est. » D'ailleurs, les deux portent le même numéro d'uniforme (33). « Mais ça
n'a rien à voir, se défend-t-il. Ce n'est qu'un hasard. Sauf que ce numéro m'a
toujours porté chance. »
Avec juste un peu de chance, il y aura une rencontre entre deux grands
numéros 33, très bientôt à Québec.
Mode M Magazine va organiser ça !

Photo Pascal Ratthé
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En bref...

Photo Jocelyn Bernier
C'est sous la gouverne de Joe Ferguson, le troisième gérant de leur
histoire, que les Capitales de Québec entameront la prochaine saison.
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Le mois de Marie, c'est aussi le mois du début des activités des Capitales de
Québec. Le camp d'entraînement s'ébranle le 8 mai et la saison régulière, le 22
mai.
Voilà une organisation qui prouve qu'on peut attirer des milliers de spectateurs
avec une activité à budget raisonnable et des joueurs pratiquement inconnus. La
recette est presque simple : quelques joueurs québécois qui auront toujours
l'appui du public (connaisseur ou pas), un stade en plein air au coeur du
centre-ville, une mascotte sympathique, des petits concours simples et amusants
autant pour les participants que pour les spectateurs, du baseball bien joué par
des athlètes modestement payés mais très dédiés à leur sport et surtout une
ambiance créée par une musique bien choisie qui n'a rien à voir avec les
discothèques à la mode.
Ici, j'insiste. Dans tous les arénas où on présente des matches de hockey,
professionnels ou amateurs, on impose une ambiance par des trames musicales
lourdes, souvent mal choisies, poussées au maximum, qui écrasent les spectateurs
au fond de leurs sièges. Pourquoi ne pas suggérer une ambiance aux bons moments,
à l'aide de trames judicieusement choisies et qui amènera la foule à amplifier
cette ambiance ?
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C'est le spectacle sur la glace ou sur le terrain qui doit
faire lever la foule; et non l'inverse. Il n'y a rien de plus stimulant pour les joueurs et pour les spectateurs
qu'une ambiance créée naturellement par la foule, et non pas artificiellement
par une musique agressante...
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SÉRIES LNH
Vive les surprises ! Au diable les prédictions ! Jusqu'à présent, les séries
éliminatoires de la Ligue nationale de hockey ont fait tomber de leurs chaises
les prétendus experts de pools. Les Red Wings de Détroit, champions de l'an
dernier, sortis en quatre matches consécutifs par les Mighty Ducks d'Anaheim
qui, selon plusieurs, n'auraient dû gagner - pour être poli - qu'une seule
rencontre. Le mystérieux Wild du Minnesota qui vient à bout de l'Avalanche du
Colorado et de sa meute de joueurs vedettes.
Des surprises qui amènent leurs lots de «savantes» explications. Les miennes :
la fatigue et la motivation. Bien sûr, toutes les équipes disputent 82 matches
en saison régulière. Mais les meilleures équipes ne sont-elles pas celles qui
déploient le plus d'énergie et d'ardeur au jeu à tous les soirs ? Et comme ces
équipes-là ont l'habitude de se rendre loin en séries du printemps, ça use
encore davantage.
Et ça use aussi l'appétit. Le désir de vaincre fait peut-être défaut chez les
équipes qui ont l'habitude de gagner. Surtout les clubs qui se composent d'une
majorité de vétérans, comme les Wings et l'Avalanche. Quand les séries arrivent,
on est peut-être las d'encaisser autant de coups et d'avoir à rouler à fond de
train pendant encore deux longs mois.
Bien sûr, il y a l'honneur de la victoire qui engourdit bien des bobos, mais les
joueurs étant maintenant ce qu'ils sont, l'aspect financier est très peu
alléchant. Sachez d'abord que les gros salaires que touchent les joueurs sont
versés en entier durant la saison régulière. En séries, finis les chèques de
paie. Il n'y a que les bonis versés par la ligue en fonction du nombre de rondes
disputées. Sachez aussi que, l'an dernier, toute l'équipe des Red Wings de
Détroit, gagnante de la coupe Stanley, a mis la main sur un boni d'environ 2,3
millions. Pour l'équipe au complet !
Des fois, je trouve un peu normal de croire qu'à force de manger gras à tous les
jours, on a sans doute moins faim les soirs de banquet !
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