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Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier

Dans la boîte vocale téléphonique de Dumas, il n'y a pas de salutation, ni de message d'accueil nous invitant à dévoiler l'objet de notre appel. On croirait avoir composé un faux numéro; surtout quand on entend une femme parler de ses services de consultation : « C'est pour motiver mes troupes », dit-il en guise d'explication. La liberté et l'audace sont des caractéristiques qui collent très bien à la réalité de Dumas tout comme à celle de son dernier album qui vient d'être lancé : Le Cours des jours.

Le Cours des jours va à l'encontre des façons de faire traditionnelles : « Il s'agit d'un album concept dans lequel il n'y a pas de silence entre les pistes. Le Cours des jours comporte 12 pistes en continu comme les douze mois de l'année, comme les douze heures de l'horloge... », décrit Dumas. L'album suggère un cycle: il ouvre la mélodie en une introduction musicale et la referme en une conclusion sur le même thème, un peu à la manière du jour et de la nuit.

Artiste à contresens

L'artiste de 23 ans, natif de Victoriaville, n'en est pas à ses premiers exploits. En 1999, il a été le gagnant du Festival de la chanson de Granby dans la catégorie auteur compositeur interprète. L'année suivante, il a remporté le prix du public au Festival de la chanson de Petite-Vallée. Puis, grâce à son premier album éponyme, il s'est fait connaître avec des pièces telles que Junkies, Miss Ecstasy et L'écrivaine. En 2002, il a même été en nomination comme découverte de l'année au gala de l'ADISQ.

L'idée de lancer un tel album concept lui trottait dans la tête depuis un certain temps : « Celui-ci est moins radiophonique que le précédent, mais davantage à mon image. Les textes sont plus simples et comportent moins de jeux de mots et de références littéraires. Bref, il est plus mature. Et puis, ça a toujours été un fantasme pour moi de jouer une pièce qui dure plus de huit minutes. » Jeu de guitares et de claviers, l'ambiance pop-rock et électronique du nouvel album de Dumas nous transporte dans un véritable voyage initiatique et autobiographique, à la limite de l'auto fiction : « Dans lequel on suit l'évolution d'un personnage allant d'une période plus sombre à une autre plus lumineuse. Puis, un jour arrive Arizona; avec qui il entretiendra une profonde relation d'amitié. »

Un poète dans la nature

« Pour le concevoir, j'ai d'abord accumulé des mélodies. J'ai mis de l'ordre entre elles et, ensuite, j'ai rédigé les textes. Je m'étais établi des critères de création, ce qui constituait, pour moi, un défi. » Il a aussi relevé un autre défi : pour terminer les textes, il s'est transformé en homme des bois en s'isolant pendant trois semaines en pleine forêt. « Je n'avais pas la télé, mais j'avais une radio sur laquelle je captais un poste qui me permettait d'écouter les lignes ouvertes le soir. » Cette idée est à l'origine de motivations personnelles, mais aussi dans le but de stimuler sa création. « J'avais de la difficulté à finaliser les textes. C'est en cet endroit que l'album s'est véritablement concrétisé. C'est une très bonne expérience; je la conseille à tout le monde! »

Dumas est un artiste audacieux. Il aime prendre des risques : « C'est le pouvoir de la création. Je me suis dis que si je devais faire un album qui ne me représentait pas, alors pourquoi en faire un? J'ai eu une équipe qui m'a appuyé pour le faire et ma compagnie de disque m'a aussi fortement fait confiance. Je n'ai pas eu à me battre pour mettre mes idées à exécution. »

Pourquoi Dumas? « Pour séparer l'artiste de la personne! » Ce à quoi il ajoute que son prénom, il le réserve aux princesses... Poète à ses heures, il projette d'écrire pour une interprète. Mais, pour l'instant, les jours suivent leur cours... Le lancement de la série de spectacles entourant l'album se fera officiellement dans le courant de l'automne prochain et, cet été, il entend aller de festivals en festivals, dont aux FrancoFolies de Montréal.

Antoine Gratton, le multi-instrumentiste

Par Marlène Lebreux
Photos Pascal Ratthé

Accordéon, basse, batterie, clavier, guitare acoustique et électrique; non, il ne s'agit pas de l'énumération du bagage musical d'un orchestre, mais bien d'un seul et même artiste : Antoine Gratton. En lançant son premier album, Montréal Motel, le 13 mai dernier, le multi-instrumentiste a fait ses premiers pas dans le milieu artistique. Des pas pleins d'assurance et de puissance... À vrai dire, avec lui, c'est plutôt de pas de claquette dont il s'agit!

En effet, outre la magie des multiples instruments qu'il maîtrise, Antoine Gratton ajoute à sa musique funky-groovy les claquettes. Pour lui, ce sont des percussions! C'est sans le savoir qu'il a donné naissance à Montréal Motel. Un équipement qu'il avait loué dans le but de s'initier à l'art de l'enregistrement en studio - « juste pour comprendre comment ça marchait », affirme-t-il, lui a permis de réaliser un démo riche de belles et dynamiques compositions. À son insu, peu de temps après, l'un de ces chums débarque chez Tacca Musique pour leur montrer le fameux résultat!

Bohème dans l'âme, c'est plongé dans son petit univers de sa chambre à louer qu'il compose, arrange et fredonne ses airs. En fait, c'est en cet endroit qu'il laisse libre cours à son imagination pour raconter la vie telle qu'il la perçoit. Montréal Motel serait-il autobiographique? « Je dirais que oui et non. J'essaie davantage de créer des personnages, car je trouve que ça limite moins les thèmes à aborder... Ça laisse plus de place à l'imagination », explique-t-il.

Un musicien dans la famille!

Antoine a fait partie des Petits Chanteurs du Mont-Royal pendant huit ans. Le chant et les cours de piano ont été des activités qui ont marqué son enfance. À 13 ans, tout en pratiquant sur des airs des Beattles, il a voulu écrire des textes : « Quand on commence à jouer de la guitare, on développe à un moment donné le goût d'écrire ses propres «tounes». Puis, à partir de 16 ans, j'ai joué dans plusieurs groupes. »

Au cégep, il étudie la littérature; à l'Université McGill, il se lance dans la philosophie. Mais après deux années, il décide finalement de mettre toutes ses énergies dans la musique. « Mes parents adorent la musique, mais personne de mon entourage évolue dans cet univers. Ils sont avocats, docteurs... Enfin, toutes des grosses business! Je crois que j'ai développé l'amour pour la musique parce que, d'une certaine façon, elle était toujours présente en moi. »

Beau Dommage, Peck, Beattles et Steevie Wonders sont quelques-unes des sources d'inspiration d'Antoine. « J'adore le jazz. Ça fait du bien de sortir du populaire, affirme-t-il avec enthousiasme. Ma musique a certainement des influences québécoises et aussi américaines puisque j'écoute du jazz et du funk depuis que je suis tout petit; mais au-delà des influences, je veux mettre davantage l'accent sur ce que j'ai a offrir comme musicien.»

Cet été, Antoine prévoit écrire... encore! C'est que le multi-instrumentiste est très productif. Il mentionne d'ailleurs que son prochain album est déjà en chemin! Mais surtout, il aimerait faire plusieurs spectacles entourant Montréal Motel .

Entre temps, il savoure le plaisir de pratiquer les notes de son tout nouvel instrument : l'harmonica. « C'est bien l'fun! Celle-ci est une harmonica chromatique. Elle est un peu plus grosse que les traditionnelles; mais n'empêche que je peux me promener partout avec. Je peux la mettre dans ma poche; c'est moins encombrant que de traîner une trompette, par exemple. » Une occasion d'apprendre à jouer d'un instrument est pour lui un véritable défi. Que nous réserve encore l'artiste? Sans contredit, un parcours en ébullition à suivre : www.antoinegratton.com.