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Par Marlène Lebreux
Photos Pascal Ratthé et Jocelyn Bernier

Pousser, ramer, diriger, courir, les efforts de l'équipe Croisières Lachance ont porté fruit. En remportant la dernière course de l'hiver de canot sur glace, le 2 mars dernier, Jean-François Lachance et son équipage terminent la saison en beauté et s'assurent une place dans le rang professionnel l'an prochain.

À la traditionnelle course du Carnaval et au Grand défi, la dernière épreuve de l'année, l'équipe Croisières Lachance était la plus jeune en lice dans la catégorie «Participation» : trois jeunes de 16 ans et un de 20 ans. Deux autres compétitions se déroulent durant l'hiver; il y a celle de l'Île d'Orléans et celle de l'Île-aux-Coudres. Chaque compétition comprend trois classes : femmes, participation et professionnel.

Une passion de générations en générations

Le canot sur glace fait partie de l'enfance de Jean-François. Son père et son grand-père étaient d'excellents canotiers. Mais, Jean-François raconte qu'à une certaine époque, le canot sur glace était plus qu'un sport de compétition; il était un véritable moyen de transport durant la saison hivernale : « Mon arrière-grand-père habitait l'Isle-aux-Grues et empruntait la traverse en canot pour gagner l'Île Sainte-Maguerite où habitait mon arrière-grand-mère », explique-t-il. On s'en servait même pour transporter de la marchandise de Montmagny à Grosse-Île.

Marins de père en fils depuis plus de cinq générations, les ancêtres de Jean-François lui ont transmis leur passion. Il se considère très chanceux, mais constate malheureusement que la relève se raréfie. Il en fait une mission personnelle : « Actuellement, la moyenne d'âge des coureurs dépasse la trentaine. Je suis un passionné de compétitions et de défis. Ma mission est de garder en vie le canot sur glace! »

Une relève à promouvoir

« Le problème est essentiellement l'accessibilité du sport pour les jeunes. C'est surtout le coût élevé qui décourage les gens de tenter l'expérience pour savoir s'il pourrait aimer ça. L'équipement peut facilement atteindre 10 000 $, soutient Jean-François. La folie du «high tech» haussant sans cesse les coûts des équipements va détruire le canot à glace. » Il veut faire connaître ce sport au plus grand nombre de gens possible. Ainsi, il a fait de l'ancien chantier naval de la famille Lachance le Gîte du Canotier. Le gîte offre des forfaits permettant aux nouveaux de s'initier aux rudiments du canot (www.giteducanotier.com) : « Et, si ça donne le goût à certains de devenir des coureurs, tant mieux! »

Si la pratique du canot sur glace est onéreuse, il n'en va pas de même pour les bourses offertes aux gagnants. Sans compter que les commanditaires se font rares. Selon lui, pour encourager la relève, les bourses importantes devraient davantage être distribuées aux jeunes équipes; car elles disposent généralement de ressources financières limitées pour pratiquer aisément leur sport.

Tous les chemins mènent à l'autre rive... Il suffit d'emprunter le meilleur!

Pour le canotier professionnel, l'entraînement se fait sur une base annuelle. Le «cardio» est privilégié. Mais, il doit aussi travailler son endurance musculaire tout en conservant sa souplesse et son agilité : « L'important est surtout d'aller le plus souvent possible au fleuve! C'est là que ça se passe : calcul des conditions de glace et prises de décisions pour sauver des efforts et, ainsi, effectuer le trajet le plus rapidement possible! »

L'équipage d'un canot sur glace se compose de cinq personnes. Le capitaine est à l'arrière; il maîtrise le fleuve et prend les décisions concernant le chemin à prendre. Au milieu, les canotiers poussent et rament afin de donner de la vitesse; ils sont en quelque sorte le moteur du canot. À l'avant, on retrouve celui qui dirige le canot dans la glace et décide du chemin à court terme.

Dans le feu de l'action, les coureurs sur glace mettent leur force, leur agilité et leur énergie en commun. Ensemble, ils affrontent le vent et le fleuve à coup de rames en défiant les glaces. Ils regardent au loin; ils sont déjà prêts à atteindre l'autre rive!



Julie Rhéaume,
souvenirs de compétition

Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier
Maquillage Mylène Tremblay

Julie et son chien Tom, un croisé Boxer et Pitbull de 1 an et 4 mois, encore un gamin précise-t-elle.

Championne canadienne à trois reprises en planche à neige, Julie Rhéaume a quitté le circuit de la compétition depuis plus de deux ans. Pourtant, elle n'a que 25 ans! Elle n'en demeure pas moins active. Elle se passionne pour sa nouvelle carrière : l'informatique. De sa vie de compétition, elle en garde de précieux souvenirs et une grande force de caractère.

Au rythme de la compétition

« Je voulais me concentrer à 100 % sur la planche à neige et vivre le milieu de la compétition au maximum. Je ne voulais pas mélanger le sport et les études », explique Julie. C'est en 1994 qu'elle a commencé le snowboard : « J'ai tout simplement adoré! J'avais tenté le ski alpin, l'année précédente, mais je n'avais pas vraiment aimé ça. » Comme une autodidacte, elle a appris les premiers rudiments de ce sport d'hiver. Un sport qui allait l'amener à vivre des instants de gloire : « Les deux premières années, j'ai vraiment pratiqué seule. Par la suite, en 1996-97, j'ai fait partie de l'équipe de snowboard du mont Sainte-Anne. »

C'est en se joignant à l'équipe de snowboard du Français David Ruel, maintenant directeur de ski et de snow au mont Sainte-Anne, FBI, qu'elle a véritablement trouvé la motivation de persévérer. À deux reprises, elle s'est classée deuxième dans le cadre de compétitions américaines d'envergure. Les titres les plus importants qu'elle a remportés sont sans nul doute ses trois championnats canadiens en géant, en 1996, 1997 et 1999. « Mon coach avait de nouvelles idées et de nouvelles structures. Même si notre équipe était indépendante de l'équipe canadienne, nous étions sous le chapeau du Canada », affirme celle qui déplore la lourdeur administrative des programmes de financement dans certains sports d'hiver au Canada.

« Mon plus beau souvenir fut le championnat canadien que j'ai remporté en 1999. Ceci était une belle clôture à l'année qui avait été difficile et un début en force pour le nouveau millénaire! » Ses aventures de compétitions l'ont amenée à descendre de majestueuses montagnes et à explorer d'intéressantes contrées : « Le plus loin où je suis allée, c'est au Japon, en 1996, lors d'un championnat du monde junior. Aussi, à chaque année, on se rendait en France durant trois mois pour s'entraîner et entreprendre les premières compétitions du circuits européens ». On peut dire qu'elle a fait le tour de bien belles montagnes! Mais, elle aimerait un jour, juste pour le plaisir, descendre les montagnes de l'Australie et de l'Alaska.

Elle affirme que le monde de la compétition lui a apporté beaucoup : « Je veux maintenant continuer à gravir les échelons dans ma nouvelle carrière en informatique. L'univers de la compétition m'aura appris à me battre et à me défendre pour mes idées! »

Le feeling de la descente!

« Je fais encore quelques fois des descentes en planche à neige, je trouve que c'est important parce que c'est une passion! Je sens que le même feeling revient! Ce que j'aime, c'est la sensation que ça me procure; comme si je flottais ! », exprime-t-elle. Amatrice des sports extrêmes et de sensations fortes, Julie trouve aussi un grand plaisir à faire du longboard : « C'est une planche avec des roues, mais elle est plus longue qu'un skateboard. On se pratique sur l'asphalte dans des côtes, question de prendre de la vitesse... L'idéal pour en faire, c'est la nuit dans les rues, lorsqu'il n'y a pas de trafic! »

Pour performer dans un sport, Julie est d'avis qu'il faut avoir un esprit de leadership, croire en soi et avoir le courage d'aller jusqu'au bout! Aux fervents de planches à neige, Julie donne, grosso modo, quelques conseils : « Les débutants doivent préalablement apprendre à tomber et à freiner. Les plus habitués, à rester concentrés sur leur planche et à dissocier leurs deux pieds... Et puis, la descente, c'est l'extase! Il faut se laisser emporter par le feeling, être dans le trip de la descente! »