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Par Marlène Lebreux
Photos Jocelyn Bernier

« Être DJ, c'est bien plus que de faire de la musique électronique : c'est un art en soi, affirme DJ Alias. Les mixages et les changements de rythme exigent un doigté et une fine oreille. »

Les artistes du son maîtrisant les techniques du «scratch» (mouvement avant et arrière des platines) et du «beat juggling» (deux segments de chansons instrumentales liés ensemble dans le but de modifier la structure ou le tempo), on peut les compter sur les doigts de la main à Québec. Pour sa part, DJ Alias impose de plus en plus son beat en manipulant les platines. Il fait présentement vibrer les haut-parleurs et tourner la table du bar billard, Le Reptile à Québec.

Outre ses activités dans les bars, il prépare, avec son ami Jean Thomas, une compilation réunissant des chansons d'artistes mixées et agencées sans interruption : « Le lancement se fera dans le courant de l'année 2003 sous notre nouveau label Delicate Beats.» Cet album fera également connaître la ligne de vêtements Toukaine (www.toukaine.ca.tc), un projet mode proposant des vêtements hip hop décontractés dernière tendance.

Expérience sonore

« J'ai toujours été attiré par le hip hop. Je n'ai jamais vraiment accroché au rock. J'ai toujours aimé mieux la production de musique que l'écriture de textes. » DJ Alias a fait ses débuts professionnels en 1996 à l'émission Les arshitechs du son diffusée à la radio de l'Université Laval : « C'était ma première apparition en public! Par la suite, j'ai participé au lancement de l'album Dualité du groupe La Constellation. Peu de temps après, j'ai obtenu un contrat avec ce groupe à titre de DJ dans le cadre d'une tournée qui a duré deux ans. »

De 1996 à 2001, il s'est promené de spectacles en spectacles avec des artistes du label Explicite production. Depuis plus de deux ans, il se produit dans les bars de Québec et de Montréal. Jusqu'à novembre 2002, il était DJ résident au Liquid : « Je continue pour l'instant d'être, pour ainsi dire, membre associé dans le cadre des shows Explicite production. »

Recherche constante de nouveaux sons

Sans cesse à la recherche de nouveaux hits, il consulte les maisons de disques, fréquente les différents distributeurs et jette un coup d'oeil aux différents palmarès : « Il faut garder l'oeil ouvert sur le nouveau. C'est très important d'être à l'avant-garde. Il ne faut pas seulement suivre le rythme. » Toujours à l'affût, il diversifie ses sources instrumentales, car, à son avis, les performances d'un DJ dépendent à 75 % de son inventaire de chansons et de son matériel sonore et à 25 % de ce qu'il exécute en matière de mixage.

Même s'il existe plusieurs compétitions destinées aux DJ, DJ Alias dit ne pas être attiré par ce genre d'activités : « Je ne tiens pas vraiment à prouver que je suis le meilleur. Je n'ai pas besoin de trophée! Jouer ou faire de l'animation lors de soirées ou encore pour des amis me procurent le plaisir et la satisfaction dont j'ai besoin. »

Cependant, il avoue qu'un jour il aimerait bien pouvoir créer un «band» ou encore monter un spectacle avec des musiciens, des DJ's, des rappeurs : « Et pourquoi pas aussi avec un chanteur de R & B, jazz ou soul. Je trouve que ce sont des sons et des rythmes qui s'agencent bien! », dit-il en terminant.

La tournée BoomBox

Par Marlène Lebreux


La mauvaise température hivernale n'a pas empêché la tournée BoomBox de battre son plein d'énergie sur la scène du Liquore Store, le 4 février dernier. Rimouski, Gatineau, Joliette, Val d'Or, Drummondville, de villes en villes et de scènes en scènes, Boom Desjardins présente Dany Bédar et Richard Pelland, deux figures montantes du showbiz québécois.

BoomBox présente : Dany et Richard

Les shows BoomBox : deux heures durant lesquelles tout le monde, chanteurs comme musiciens, s'active sur la scène du début à la fin : « C'est un gros show de promo d'artistes talentueux. Il n'est pas évident pour un nouvel artiste de se retrouver sur scène les premières fois avec son propre matériel. Ainsi, dans le cadre de cette tournée, la scène se veut en quelque sorte une école. On les prépare à ce qu'ils vont faire avec leur futur band », a expliqué Boom Desjardins en attendant Dany et Richard encore sur la route en train de braver la neige pour gagner la Vieille Capitale.

Dany Bédar n'est pas totalement inconnu du public. Déjà, son premier album solo compte près de 18 000 albums vendus. Le premier extrait, «Fruit de ma récente nuit blanche», se fait de plus en plus entendre sur les ondes. Il a également prêté sa plume à plusieurs artistes; à titre de membre du groupe La Chicane, il a écrit «Tu m'manques» et aussi «Comment j'pourrais te dire» pour Marie-Chantal Toupin. « Dan est un grand sensible. Il sait extérioriser à travers la musique tout ce qu'il y a autour de lui. C'est un mélodiste incroyable! », a affirmé Boom.

Boom a toujours été impressionné par la facilité de Richard Pelland «à faire entrer les gens dans son trip». C'est sans doute pourquoi il lui a offert un contrat avec sa Maison de production Boom Box : « Richard, c'est un intellectuel. Avec lui, chaque chose est pensée. Il a une force, un grand charisme qu'il ne soupçonne même pas. Il a trouvé la façon de parler aux femmes. Généralement, quand des gars écrivent des chansons, ils pensent qu'elles vont toucher les femmes, mais après coup, ils s'aperçoivent qu'elles s'adressent davantage aux gars. La chanson «Calvaire» en est un bon exemple. Mais, lui, il sait écrire pour elles.» Richard Pelland est somme toute un auteur compositeur et interprète de talent à découvrir; en 2000, il a notamment composer «Mon chien est mort» pour Martin Deschamps.

Appréciation du public

Les gens se déplacent en grand nombre pour voir les shows de la tournée BoomBox, et ils ne sont pas déçus des performances : « Quand les gens se lèvent debout pour démontrer leur appréciation, c'est comme si on me donnait une claque dans le dos et qu'on me disait tu as réussi! Cette année, j'ai écouté plus de 150 démos pour dénicher des artistes. Je voulais trouver des artistes complets. On dirait que voir la réaction et l'enthousiasme des gens, ça me fait encore plus d'effet que si c'était pour moi! »

Boom est conscient du coup de pouce qu'il peut donner pour lancer la carrière de jeunes artistes : « Je me vois davantage comme un opportuniste qui a trouvé les bons artistes que le gars qui pousse la relève. Les gérants qui font fortune en s'occupant d'un seul artiste ne font pas partie de la réalité du milieu artistique québécois. Peut-être que c'est possible aux États-Unis, mais pas ici. J'ai vu plusieurs jeunes artistes changer plusieurs fois d'agents. Comme il est difficile de percer, je veux aider les nouveaux talents à se faire remarquer des médias et du public. »

En alternance avec les projets de chacun, notamment, la tournée du Plateau 2003 pour Dany et l'évolution d'une prometteuse carrière solo pour Richard -, la BoomBox continuera de faire le tour des scènes de la province. Un spectacle en continu qui pourrait se poursuivre encore bien longtemps! Consulter www.disquesboombox.com pour de l'information sur les show à venir et plus de détails sur ces artistes.

Des nouvelles de La Chicane? Et La Chicane? « Il y avait une rumeur comme quoi on se séparait... Quand des membres du groupe ont parlé de leur désir de chanter en solo, les gens ont conclu que c'était la fin de la Chicane. Pourtant, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas parce que l'on a des projets en parallèle du groupe que ça signifie la fin. D'ailleurs, il y aura un nouvel album qui sera lancé d'ici le printemps. Des spectacles en salle sont également prévus pour l'automne. Avec quelque 600 shows effectués en quatre ans, il est bien normal de prendre un peu de répit! », a conclu Boom Desjardins.